Venezuela : une présidentielle anticipée, la stratégie de Maduro pour tenter de conserver le pouvoir

Venezuela : une présidentielle anticipée, la stratégie de Maduro pour tenter de conserver le pouvoir

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DÉCRYPTAGE - Le pouvoir vénézuélien a convoqué ce mardi 23 janvier une élection présidentielle anticipée, d'ici fin avril. Objectif : permettre à Nicolas Maduro d'être réélu. Et ce, en profitant d'une dynamique électorale favorable et des divisions au sein de l'opposition.

Bousculer le calendrier pour mieux régner. Au Venezuela, la présidentielle était jusqu'à présent officiellement prévue pour fin 2018. C'était compter la soif de pouvoir de Nicolas Maduro : l'actuel chef de l'Etat a annoncé ce mardi la tenue d'une élection anticipée fin avril. Un scrutin devant lequel il s'annonce confiant, porté par son succès aux municipales de décembre et la faiblesse de ses adversaires. Un pari inconcevable il y a encore six mois, quand le pays sombrait dans la crise.


Une crise qui, si elle a disparu des radars médiatiques, continue de plonger la population dans le désœuvrement et d'agiter la vie politique au Venezuela.

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Pour preuve, les raisons invoquées ce mardi par le numéro deux du régime Diosdado Cabello, afin de justifier les élections en avril prochain : "Si le monde veut nous infliger des sanctions, nous allons organiser des élections (...) Des pouvoirs impériaux et sans légitimité ont déclenché une campagne systématique de haine contre le Venezuela". Une allusion aux sanctions adoptées lundi par l'Union européenne contre de hauts dirigeants vénézuéliens, dont… Diosdado Cabello.


Quelques instants plus tard, Nicolas Maduro déclarait à la presse, avant de participer à un rassemblement public à Caracas : "Je suis un humble travailleur, un humble homme du peuple. Si le Parti socialiste uni du Venezuela (...) croit que je doive être le candidat à la présidentielle du camp révolutionnaire (...) je suis à disposition".

"Nous avons un seul candidat pour poursuivre la révolution"

Ce membre de l'Assemblée constituante, installée début août, a également confirmé, sans le nommer, que l'actuel chef de l'Etat serait le candidat du Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV) au pouvoir. "Nous n'allons pas avoir de problèmes, nous avons un seul candidat pour poursuivre la révolution", a-t-il lancé, tandis que les centaines de membres de la Constituante scandaient "Nicolas !", "Nicolas !". Une référence à Nicolas Maduro, grand vainqueur de la crise : une vague de manifestations antigouvernementales, au cours desquelles 125 personnes ont été tuées, ont en effet secoué le Venezuela d'avril à juillet.


Seulement voilà : le chavisme (du nom du défunt Hugo Chavez, président de 1999 à 2013 et dont se revendique Maduro) a raflé 308 des 335 mairies en décembre dernier, contre 242 précédemment. Craignant des fraudes, les trois principaux partis d'opposition avaient refusé de présenter des candidats aux municipales. Conséquence : ils se sont vu infliger un camouflet, sur lequel surfe Maduro. Essentiellement car cette opposition est divisée sur la stratégie à adopter face au gouvernement socialiste. En outre, elle doit encore passer par un long processus pour désigner son candidat. En décembre, un député avait expliqué que des primaires devaient débuter dans les principaux partis… ce qui ne s'est toujours pas fait. 

Loin des troubles politiques, la population, continue de faire les frais de la crise économique dans laquelle est englué le pays. Pénurie généralisée, allant des aliments aux médicaments, en passant par les matières premières, inflation attendue à 2.350% en 2018… la situation semble hors de contrôle. Autre signal d'alarme pour ce pays étranglé financièrement par la chute des cours du pétrole : ses graves difficultés à rembourser dans les temps sa dette souveraine évaluée à 150 milliards de dollars et celle de PDVSA, qui en représente à elle seule 30%.

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