Vente d'armes à l'Arabie Saoudite : un cargo menacé de blocage à Cherbourg

Vente d'armes à l'Arabie Saoudite : un cargo menacé de blocage à Cherbourg

CONFLIT - Plusieurs ONG ont dénoncé mercredi l'arrivée jeudi du cargo saoudien Bahri Yanbu au port de Cherbourg (Manche). Elles le soupçonnent de venir chercher des armes de fabrication française à destination de l'Arabie saoudite, susceptibles d'être utilisées au Yémen.

Avis de tempête dans le port de Cherbourg. Un cargo saoudien est attendu ce jeudi sur place afin d'y récupérer des armes de fabrication française. C'est en tout cas la crainte de plusieurs ONG, lesquelles redoutent que cette cargaison alimente à terme le conflit au Yémen.

Si rien n'atteste que le Bahri Yanbu, attendu dans l'après-midi dans la ville manchoise, doit mettre la main sur des armes, son passé joue en sa défaveur : en mai 2019, le cargo saoudien avait dû être dérouté alors qu’il devait initialement charger des armements français depuis Le Havre et à destination du royaume wahhabite. Selon le site d'investigation Disclose, il s'agissait à l'époque de "huit canons de type Caesar".

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"La France est tenue d'interdire les exportations"

Quelques mois plus tard, le Bahri Yanbu n'est toujours pas le bienvenu sur les côtes françaises. Une centaine de manifestants se sont rassemblés sur place ce jeudi, pour protester contre l'arrivée du navire. "Il y a de fortes présomptions que le Bahri Yanbu ait déjà dans ses cales des armes destinées à l’Arabie saoudite”, a assuré à France 24 Elias Geoffroy, membre de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT). 

Au total, 17 ONG dont Human Rights Watch, Médecins du monde ou encore Sherpa, ont écrit mercredi une lettre ouverte à Édouard Philippe. Leur objectif ? Rappeler au Premier ministre les obligations de la France en la matière. "Conformément au Traité sur le commerce des armes qu'elle a ratifié, la France, est tenue d'interdire les exportations d'armements dès lors qu'il existe un risque manifeste que ces derniers servent à commettre des crimes de guerre et autres violations graves du droit international humanitaire", selon le communiqué des ONG. Les signataires estiment en effet que la France risque de se rendre complice dans le conflit au Yémen si les armes vendues à l'Arabie saoudite sont utilisés illégalement contre des populations civiles yéménites.

Le gouvernement français n'a pas, pour l'heure, donné suite à la missive des associations. Néanmoins, il a régulièrement rappelé que ses procédures d'exportations d'armement étaient scrupuleusement respectées et qu'elles permettaient d'avoir un suivi de l'utilisation des matériels. La guerre au Yémen a tué, d'après diverses organisations humanitaires, des dizaines de milliers de personnes, essentiellement des civils, depuis 2015. Environ 3,3 millions de personnes sont toujours déplacées et 24,1 millions, soit plus des deux tiers de la population, ont besoin d'assistance, selon l'ONU.

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