Ventes d'armes à la Russie : l'Allemagne fait la leçon à Hollande

Ventes d'armes à la Russie : l'Allemagne fait la leçon à Hollande

DirectLCI
DIPLOMATIE - Berlin aurait décidé de renoncer à un gros projet d'équipement militaire avec la Russie, selon un quotidien allemand. Une position qui souligne celle, inverse, de Paris, qui a décidé de maintenir la livraison de ses porte-hélicoptères Mistral à Moscou.

L'Allemagne met la pression. Depuis mardi dernier, l'Union européenne a décidé de renforcer ses sanctions contre l'économie russe pour contraindre le président Vladimir Poutine à arrêter de soutenir les séparatistes pro-russes dans l'Est de l'Ukraine. Après ce geste fort de la part des 28, Washington a également annoncé de nouvelles sanctions envers Moscou, dans les domaines de l'énergie, de la finance et sur les armes.

Ce lundi, l'Allemagne aurait surenchéri, selon le Süddeutsche Zeitung , en renonçant à un gros projet d'équipement militaire avec les Russes. Le quotidien allemand annonce en effet que le ministre de l'Economie et vice-chancelier allemand, Sigmar Gabriel, a retiré "retiré son autorisation" à un projet de camp d'entraînement entièrement équipé pour former 30.000 soldats russes dans la région de la Volga, en Russie. Un contrat d'environ 100 millions d'euros que le ministre avait déjà suspendu en mars.

Convaincre le voisin français

En agissant de la sorte, l'Allemagne envoie clairement un signal à la France. La position de Berlin souligne en effet en creux celle de Paris, qui a décidé pour le moment de ne pas interrompre ses contrats militaires en cours avec la Russie. Or celui de la vente de deux porte-hélicoptères Mistral - signé en 2011 sous Nicolas Sarkozy - fait particulièrement grincer les dents de nos voisins. Berlin souhaite que Paris y renonce, comme l'a indiqué Sigmar Gabriel : "Nous ne livrons pas (d'armes ou d'équipements militaires à Moscou) même si les contrats ont été conclus par le passé. J'aurais attendu cela aussi de la France". Avant lui, le Premier ministre britannique David Cameron avait tancé la France en ces termes : "Nous ne pouvons pas continuer à faire des affaires comme si de rien n'était".

Des leçons que la France digère mal. C'est que le contrat en question, estimé à un milliard d'euros, a en outre permis de créer 100 emplois dans les chantiers navals de Saint-Nazaire. En réponse aux critiques,lLe ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius avait enjoint le chef du gouvernement britannique de "balayer devant sa porte", alors que les oligarques russes prospèrent outre-Manche et qu'un rapport parlementaire confirme que le Royaume-Uni est toujours en affaire avec les Russes. Mis sous pression, François Hollande a néanmoins confirmé que la première frégate serait bien livrée aux Russes en octobre prochain. Concédant simplement à conditionner le reste à l'"attitude" de Moscou sur la situation ukrainienne.

Pour sortir de ce bras de fer, le député allemand Roderich Kiesewetter a fait une proposition originale, jeudi dernier, sur Twitter : "Mistral: ne pas les livrer à la Russie, aider la France, renforcer les capacités de l'UE et de l'Otan, donc les racheter à la France". Une solution européenne.

Plus d'articles

Sur le même sujet