VIDÉO - 105 ans du naufrage du Titanic : ça s'est joué "à deux secondes de trop"

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NAUFRAGE - Dans la nuit du 14 au 15 avril 1912, le Titanic sombrait dans les eaux glacées de l'océan Atlantique. Pour commémorer ce triste anniversaire, nous republions une interview de Christian Buchet, directeur du centre d'étude de la mer à l’institut catholique de Paris, datant de janvier 2017. Le scientifique y évoque les différentes théories sur les raisons du naufrage.

Dans la nuit du 14 au 15 avril 1912, le Titanic faisait naufrage dans les eaux glacées de l'océan Atlantique avec pas moins de 2500 personnes à son bord. Dans un récent documentaire, "Titanic: The New Evidence", diffusé à la télévision britannique, un journaliste défend la théorie selon laquelle le naufrage du paquebot a pu être provoqué par un incendie de plusieurs jours dans la coque du bateau avant sa mise en eau. Cet incident aurait fragilisé la coque du bateau. 

Une version démentie par Christian Buchet, directeur du centre d'étude de la mer à l’institut catholique de Paris, sur le plateau d’Yves Calvi. "Un incendie a bien eu lieu, ça a touché principalement le compartiment numéro 6, qui effectivement s'est ouvert […] Le paquebot a coulé parce qu’il a heurté un iceberg. L'iceberg a ouvert la coque comme une boîte conserve. Et je ne crois pas du tout qu'un incendie puisse fragiliser une coque en acier […]. Vu le choc qui s'est produit, de toute manière, le Titanic se serait ouvert", explique le spécialiste.

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La meilleure antithèse, c'est le Concordia- Christian Buchet, directeur du centre d'étude de la mer à l’institut catholique de Paris

"Avec une coque non-fragilisée, le bateau aurait naufragé de la même manière", insiste l’invité. "Le problème avec le Titanic, c'est que l'acier n'était pas excellent. On ne fabrique pas de l'acier aujourd'hui comme celui d'hier  […]. Il y a un navire qui a connu la même mésaventure, il s'appelle le Costa Concordia. Il avait un acier beaucoup plus puissant. Mais même à petite vitesse, le paquebot s'est ouvert comme le Titanic".

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La collision du Titanic, c'est deux secondes de trop- Christian Buchet, directeur du centre d'étude de la mer à l’institut catholique de Paris

Au-delà de l’incendie étayé par nos confrères d'outre-Manche, Christian Buchet défend, lui, une autre piste. "Quand les deux veilleurs ont vu l'iceberg, l’officier à la barre a dit 'la barre à bâbord toute', c'est à dire à gauche toute. Il pensait qu'il fallait 26 à 28 secondes pour bifurquer (comme pour tous les navires de l’époque), or il a fallu 35 secondes" au Titanic. La raison de cette différence de temps s’expliquerait de la manière suivante : "La hauteur du gouvernail était insuffisante par rapport à la masse du navire". 

"Il y a eu quand même une petite erreur de main d'œuvre : l'officier à la barre a dit à bâbord toute, en même temps stoppez les machines et marche arrière. L'inversion des élices a contrarié en plus le gouvernail et a encore retardé le bon alignement du Titanic", détaille le spécialiste. 

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Le Titanic, une accumulation qui fait qu'on sort du hasard le plus normal- Christian Buchet, directeur du centre d'étude de la mer à l’institut catholique de Paris

Comble du malheur pour les victimes de ce naufrage, le plus médiatisé de l'histoire de la navigation. Le Titanic a fait l'objet "de trois messages radios" les prévenant de la présence d'un iceberg. Mais le paquebot "ne les a pas capté ou trop tardivement". Pour cause, "la radio était en panne l'après-midi précédent le naufrage. Personne n'a eu le temps de les traiter". 

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