A l'aéroport de Barcelone, des heurts entre indépendantistes et forces de l’ordre

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Indépendance de la Catalogne : la crise sans fin avec Madrid

CATALOGNE - La condamnation à des peines de prison pour neuf leaders indépendantistes catalans a déclenché un véritable raz-de-marée en Catalogne. Des milliers de militants en colère ont voulu bloquer l’aéroport de Barcelone, mais la police anti-émeutes a chargé à plusieurs reprises.

Lundi 14 octobre, des milliers d'indépendantistes catalans en colère sont descendus dans les rues, après la condamnation de neuf de leurs dirigeants à des peines de prison pour la tentative de sécession de la Catalogne en 2017. Dès l'annonce des peines allant de 9 à 13 ans de prison, des rassemblements spontanés ont eu lieu dans la métropole catalane avant que les militants ne rejoignent, à l'appel d'un mouvement anonyme baptisé "Tsunami démocratique", l'aéroport pour le bloquer. 

La police anti-émeutes a chargé à plusieurs reprises des centaines de militants tentant de pénétrer dans le terminal et jetant pierres et poubelles, a constaté l'AFP. Un manifestant a été arrêté, et 75 personnes ont été blessées, selon les services d'urgence de l'aéroport, qui n'ont pas précisé la gravité de ces blessures. 110 vols ont été annulés, selon le gestionnaire aéroportuaire Aena, tandis que des voyageurs ont été contraints de quitter leurs véhicules sur l'autoroute pour rejoindre le terminal à pied avec leurs valises.

A travers la région, dont le gouvernement est toujours contrôlé par les indépendantistes, des militants ont coupé des routes et des voies de chemin de fer.

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"Les rues seront toujours à nous"

A Barcelone même, des milliers de militants se sont rassemblés dans le centre pour une manifestation prévue depuis plusieurs jours, criant "les rues seront toujours à nous". Là aussi, des échauffourées ont opposé manifestants et forces de l'ordre, près du siège de la police. "S'ils ne veulent pas nous entendre lorsque nous faisons de la politique, qu'ils nous entendent dans la rue", a déclaré Mireia Sintes, étudiante de 26 ans.

Sur Twitter, le "Tsunami démocratique", a annoncé de nouvelles actions pour mardi. Des marches sont prévues à travers la région à partir de mercredi avant une grève générale convoquée pour vendredi.

Le gouvernement espagnol de Pedro Sanchez avait envoyé ces derniers jours des renforts policiers et prévenu qu'il n'hésiterait pas à prendre des mesures extraordinaires pour garantir la sécurité, y compris à suspendre l'autonomie de la région, comme en octobre 2017 après la tentative de sécession.

Dans une région que le séparatisme maintient en ébullition depuis près de dix ans, ces condamnations relancent des tensions qui vont dominer les élections législatives du 10 novembre, les quatrièmes en quatre ans.

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