A peine arrivé au Royaume-Uni, Trump se paie Theresa May et douche tout espoir d’accord commercial

COUP DE CANIF - Alors qu’il entamait ce jeudi sa première visite officielle au Royaume-Uni, Donald Trump a douché les espoirs de Theresa May. Dans une interview accordée au "Sun", il tacle violemment la Première ministre.

A peine arrivé, déjà reparti ? Donald Trump est arrivé ce jeudi en Angleterre pour sa première visite officielle au Royaume-Uni, sur fond d’espoir d’accord commercial et de Brexit. Mais avant de rencontrer Theresa May, le président américain a accordé une interview au Sun (publiée ce jeudi soir) où il s’est montré très ferme :


"Il n'y aura pas d'accord de libre-échange avec Washington si elle maintient une relation économique étroite avec l'UE après le Brexit", a-t-il prévenu. "S'ils font un tel accord, nous traiterions avec l'Union européenne au lieu de traiter avec le Royaume-Uni, cela tuera probablement l'accord que Londres souhaite ardemment conclure avec Washington", a-t-il ajouté.


Le gouvernement britannique a présenté jeudi 12 juillet les détails de son plan sur la future relation entre le Royaume-Uni et l'UE après le Brexit en mars 2019, qui prévoit de mettre en place une nouvelle "zone de libre-échange pour les biens", destinée à maintenir un commerce "sans friction" avec les 27 membres de l'UE.

Cela tuera probablement l'accord.Donald Trump

Dans cet entretien, Donald Trump n’y va pas par quatre chemins et regrette l’attitude de la Première ministre anglaise, notamment le fait que Theresa May n'ait pas écouté son conseil de se montrer plus dure dans les négociations avec Bruxelles. "Je l'aurais fait très différemment. J'ai en fait dit à Theresa May comment le faire mais elle n'était pas d'accord", a-t-il dit, estimant qu'elle s'était engagée sur une voie ne correspondant pas au vote des Britanniques pour un retrait de l'UE, lors du référendum de 2016.

May en difficulté ?

Ces propos acerbes interviennent alors même que le Royaume-Uni lui a déroulé le tapis rouge dans l'espoir de conclure un accord de libre-échange avec les Etats-Unis, "les plus proches alliés mais aussi les amis les plus chers" selon Theresa May. Celle-ci a insisté sur la force du lien transatlantique, malgré une série d'accrocs depuis l'arrivée au pouvoir du milliardaire, en accueillant le président et son épouse Melania pour un dîner de gala à Blenheim, près d'Oxford, ce jeudi soir, à l'occasion de laquelle Trump a été conspué par des manifestants.

C'est une claque pour la cheffe de l'exécutif qui tente de rassoir son autorité sur un parti conservateur divisé sur le Brexit. Le président n'en est toutefois pas à son coup d'essai : il avait déjà critiqué la stratégie de la Première ministre sur le Brexit à l'issue d'un sommet de l'Otan à Bruxelles plus tôt dans la journée. Elle avait répliqué en disant que les propositions du gouvernement "répondent au vote des Britanniques".


Donald Trump a enfoncé le clou en estimant dans The Sun que l'ex-ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson, potentiel challenger de Theresa May, qui a démissionné en raison d'un Brexit jugé trop mou, ferait "un grand Premier ministre". De quoi jeter un froid lors des discussions bilatérales avec Theresa May prévues ce vendredi à Chequers, la résidence de campagne des Premiers ministres britanniques, au nord-ouest de Londres. Outre le commerce, les échanges porteront sur le Brexit, la Russie et le Proche-Orient.

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