VIDÉO - Afghanistan : comment les talibans administrent Kaboul

VIDÉO - Afghanistan : comment les talibans administrent Kaboul

REPORTAGE - Trois semaines après la prise de Kaboul par les talibans, ces derniers se chargent d'administrer la ville. Sur place, TF1 a pu observer comment était gérée la sécurité, notamment.

À Kaboul, les talibans repeignent à tout-va. Objectif : effacer les traces du passé et recouvrir les murs de messages de l’émirat islamique. "C'est un slogan qui dit 'l'ancien régime est tombé, à nous l'indépendance", explique à TF1, dans le reportage en tête de cet article, un maulavi (un érudit religieux) chargé du travail de propagande des nouveaux maitres de l'Afghanistan. "On veut que les gens nous rejoignent et nous soutiennent", poursuit Ahmad Wasaq, du nouveau ministère de la Culture.

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L'Afghanistan aux mains des talibans

Mais devant les agences bancaires de la capitale, le mécontentement est palpable. Là, des centaines d'habitants tentent, sans succès, de retirer leurs salaires. Car les caisses sont vides. 

Les talibans tentent donc, au moins en apparence, de maintenir l'ordre sans trop recourir à la violence. Devant notre caméra, c'est avec modération qu'un responsable s'oblige tout de même à contenir le mouvement de foule. "Restez calmes, restez assis, ne criez pas. Si vous vous précipitez, vous allez avoir un problème", explique-t-il aux personnes rassemblées.

Le contrôle de Kaboul confié à des talibans de provinces voisines

"S'ils ne sont pas disciplinés, alors nous seront obligés d'être un peu plus rudes", nous détaille ensuite le maulavi Hanan, chargé de la sécurité. Puis il nous désigne un groupe de quelques hommes. "Ce sont des voleurs, et on ne tolère pas les voleurs chez nous".

Alors que les talibans ont à nouveau différé l'annonce de leur gouvernement, samedi, notre envoyé spécial à Kaboul, Michel Scott, constate que la seule administration dirigée par les insurgés qui fonctionne totalement à ce jour est la police, dont les agents ont davantage l'allure de guérilleros. Car le contrôle de la ville a été confié à des talibans venus de provinces voisines.

Une femme battue face au commissaire

Un commissaire que TF1 a rencontré reçoit quotidiennement des plaintes. Ce jour-là, il fait face à une femme maltraitée par son mari. "Il me bat depuis longtemps, j'ai les preuves de l'hôpital", dit-elle. 

Et le maulavi Shakir, le commissaire du 10e district de la capitale, de répondre à la plaignante : "Selon la charia, la décision sur ce cas reviendra soit à l'ouléma, le chef religieux, soit à une assemblée populaire".

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Trois semaines jour pour jour après leur arrivée au pouvoir, les talibans continuent donc de donner des gages de bonne conduite dans l'espoir que la communauté internationale reconnaisse leur régime. Mais ils semblent encore loin d'y parvenir. 

En atteste, notamment, l'appel du secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, dans un document non encore public et obtenu par l'AFP, ce dimanche 5 septembre. "J'appelle à la fin immédiate de la violence, au respect de la sécurité et des droits de tous les Afghans, et au respect des obligations internationales de l'Afghanistan, y compris tous les accords internationaux auxquels ce pays a adhéré".

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