Afghanistan : les étudiantes ont-elles encore leur place à Kaboul ?

Afghanistan : les étudiantes ont-elles encore leur place à Kaboul ?

DISCRIMINATION - À Kaboul, la nouvelle gouvernance des talibans commence à se répercuter de façon concrète sur la vie des habitants, notamment sur celle des femmes. À l'université, le nouveau pouvoir refuse toute mixité. Les femmes sont obligées d'être entièrement voilées

À l'Université d'État de Kaboul, les employés du campus sont venus réclamer leurs salaires impayés depuis des mois, sans succès. Les caisses sont vides et désormais, ce sont les talibans qui gardent les entrées. Et quand cette jeune femme s'approche pour demander si les cours vont finalement reprendre, elle se fait aussi refouler. Ce n'est pas encore l'heure, avec cette fois, une toute autre raison : "Lorsque nous aurons séparé les classes et que chacun portera une tenue islamique appropriée, tout le monde pourra entrer", a expliqué un responsable taliban. Le temps d'organiser une ségrégation entre les filles et garçons selon une étudiante.

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Organiser la ségrégation veut dire ne plus autoriser les hommes à enseigner aux femmes et vice-versa par exemple, ou encore tirer un rideau au milieu des salles pour les diviser en deux. Dans cet institut privé où les cours ont pu reprendre, on a trouvé un autre système. Les salles sont au sous-sol. Pour plaire aux autorités, ce sera un jour pour les filles, un jour pour les garçons. Le directeur a beaucoup de mal à expliquer qu'il faut s'adapter aux nouvelles règles de séparation de sexe.

Ces jeunes femmes que nous avons croisées étaient à peine nées lors du premier régime taliban, il y a 25 ans. Mais plus que la mixité, c'est leur avenir professionnel qu'elles ont peur de voir disparaître. "On représente 50% de la population et nous ne bénéficions pas même 10% des opportunités que devraient nous offrir la société", déplore une femme. C'est comme un signe de mauvais augure pour toutes celles qui craignent un retour en arrière, ce panneau a été apposé hier, nous sommes devant ce qui fut jusqu'à cette semaine le ministère des Affaires féminines et qui vient d'être remplacé par un ministère de la répression du vice et de la promotion de la vertu.

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