Afghanistan : retour dans la vallée d’Alasaï, où de nombreux otages ont été détenus par les talibans

Afghanistan : retour dans la vallée d’Alasaï, où de nombreux otages ont été détenus par les talibans

REPORTAGE – Si les Américains étaient présents dans le pays pendant vingt ans, cela n’a pas empêché les talibans de mener une guérilla contre les forces en présence et faire régner un climat de terreur en retenant des otages afin de financer leur guerre. Rencontre.

À l’est de l’Afghanistan, se trouve la vallée d’Alasaï. Dans ce massif accidenté, difficilement accessible pour ceux qui ne connaissant pas les lieux, les soldats français mobilisés dans le pays jusqu’en 2014 ont subi de nombreuses embuscades de la part des talibans, parfois meurtrières. 

Dans cette vallée située dans la région de Kapisa, l’une des plus rebelles à l’époque, de nombreux otages ont également été détenus. Ce sont dans les différents hameaux, à flanc de montagnes, que ceux qui servaient de monnaie d’échange ont été gardés. Zabed Daoud a été l’un de ces ravisseurs.

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Entre 1200 et 1500 otages

"Au total, en vingt ans, j’ai vu passé chez moi entre 1200 et 1500 otages", assure-t-il à Michel Scott, notre journaliste sur place. La plupart étaient des Afghans, militaires ou civiles, mais deux journalistes français ont aussi été captifs dans son logis en 2010.  "Ils y sont restés deux mois avant de changer de lieu", explique-t-il en faisant visiter la pièce de dix mètres sur trois où ils auraient été détenus. 

Pour ces deux occidentaux, une rançon de plusieurs millions d’euros avaient été exigées. Selon les talibans, cet argent aurait ensuite été redistribué à tous ceux qui servaient de geôliers dans la vallée. Il aurait également permis de construire la madrassa, l’école coranique du village.

Zabed Daoud l’assure, la prise d’otage serait une arme comme une autre. "Moi je pense que l’Islam autorise cette pratique en tant que guerre, si on les traite bien", déclare-t-il sans état d’âme, déterminé, à l’instar de ses compagnons, à reprendre les armes s’il le fallait.

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À quelques kilomètres de là, les anciennes bases militaires françaises laissées à l’armée afghane sont désormais à l’abandon. Dans un village voisin, le souvenir de la présence française suscite des réactions ambivalentes. "Il y a beaucoup de destruction, bon, c’est vrai qu’ils ont aussi installé des choses. Tout un réseau électrique pour le secteur par exemple, ça, c’est très utile", reconnaît ainsi un habitant, partagé. 

Le retour au pouvoir des talibans laisse cependant la communauté internationale sceptique. Malgré les premières promesses, le régime ne semble pas avoir beaucoup changé, laissant l'Afghanistan, maintenant livré aux ennemis d'hier, bien incertain sur son avenir.

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