VIDÉO - "On n'a pas eu d'autre choix, chaque jour était dangereux" : trois Afghans accueillis en France témoignent

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RÉCITS - Massoud, Ali et Léa (les prénoms ont été modifiés) sont arrivés en France la semaine dernière. Tous trois ont fui Kaboul, craignant pour leur vie suite à la prise de pouvoir des talibans. Auprès de LCI, ils témoignent.

Ils ont tout quitté pour fuir les talibans. Selon les chiffres officiels donnés à la suspension du pont aérien, le 27 août au soir, quelque 2600 Afghans menacés ont été évacués en France le mois dernier. À leur arrivée, ils ont été accueillis aux quatre coins du pays. Selon la Direction interministérielle à l'accueil et à l'intégration des réfugiés (Diair), huit villes d'Île-de-France et "entre 15 et 20 communes" dans le reste du territoire accueillent à ce jour des ressortissants afghans exfiltrés de la capitale afghane. 

Massoud, Ali et Léa*, eux, ont été pris en charge avec 82 autres réfugiés à Lyon et Villeurbanne, dans des structures gérées par Forum réfugiés-Cosi. Ils témoignent auprès de LCI.

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L'Afghanistan aux mains des talibans

J'ai laissé mes trois enfants, ma femme...- Massoud, réfugié afghan

"J'ai tout quitté. J'ai laissé mes trois enfants, ma femme...", raconte Massoud, 34 ans, arrivé en France la semaine dernière. "Il y a tout ici, toutes sortes de nourriture, mais je n'apprécie rien, car si je suis physiquement assis ici, mes pensées sont en Afghanistan", assure-t-il, vêtu d'une tenue traditionnelle afghane. Et de supplier : "Ma requête est celle-ci : si vous avez été capables de sauver des milliers de vies, sauvez seulement ma femme et mes trois enfants".

Ses diverses activités professionnelles, en lien avec des étrangers, ainsi que son "activisme social" pouvaient, selon lui, le faire passer pour un "espion des Français" auprès des talibans. 

J'avais des relations très proches avec l'ambassade.- Ali, réfugié afghan

Ali, lui, a pu fuir l'Afghanistan avec sa femme et ses deux enfants, âgés de 11 et 12 ans. L'homme de 59 ans raconte leur départ précipité, munis seulement de "sacs à dos", l'attente durant "trois jours, sans manger" pour atteindre la porte de l'aéroport puis un premier avion vers Abu Dabi, la capitale des Émirats arabes, un second pour Paris et enfin un bus vers Lyon.

Son métier de chirurgien aurait pu lui causer des ennuis. "On n'a pas eu d'autre choix, chaque jour était dangereux. Nous étions toujours préoccupés par les risques à venir, surtout pour moi qui ai longtemps travaillé avec les Français. J'avais des relations très proches avec l'ambassade", explique-t-il.

C'était pour ma fille que j'avais le plus peur, parce qu'elle n'aurait pas pu être scolarisée- Léa, réfugiée afghane

Sa femme, Léa, qui exerçait le métier de médecin, prodiguait des conseils médicaux et juridiques aux femmes afghanes au sein d'une ONG, et garde un "très mauvais souvenir" du précédent régime taliban. Même s'ils promettent de respecter les droits fondamentaux des Afghans, tous craignent que la charia ne dicte leur politique. "J'étais préoccupée pour sa carrière, car j'étais sûre que je n'allais pas pouvoir continuer mon travail", raconte-t-elle. "Mais c'était pour ma fille que j'avais le plus peur, parce qu'elle n'aurait pas pu être scolarisée", poursuit-elle. À Kaboul, l'école a fait savoir qu'elle n'accueillerait plus "les filles au-delà de la sixième".

Demander l'asile pour s'assurer un futur

Leurs projets ? Ali souhaite seulement que ses enfants, encore "choqués" par les scènes de "brutalité" auxquelles ils ont assisté, soient "scolarisés" et que la famille puisse vivre sans "danger pour (sa) vie", affirme-t-il à l'AFP.

Comme les autres réfugiés, ils ont obtenu à leur arrivée en France un visa de 15 jours. Alors qu'ils doivent s'astreindre à un isolement de dix jours lié à la crise sanitaire, ils ont déjà commencé les formalités pour demander l'asile politique.

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"Les premiers jours ont servi à se reposer, à se reconstituer (...) tout le monde était épuisé, en particulier les enfants", souligne après de l'AFP le directeur général de Forum réfugiés-Cosi, Jean-François Ploquin. "Maintenant nous sommes dans une deuxième séquence pour permettre aux personnes d'être en pleine possession des éléments pour leur permettre de demander l'asile", avant qu'ils intègrent le dispositif "ordinaire", ajoute-t-il.

*Tous les prénoms ont été modifiés

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