Qui sont les ressortissants afghans évacués par la France ?

Qui sont les ressortissants afghans évacués par la France ?

ÉTAT DES LIEUX - Le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a détaillé sur Europe 1 ce mardi 25 août le profil des ressortissants afghans évacués par la France ces derniers jours. Des hommes et des femmes plus âgé et plus mixte que les habituels demandeurs d'asile.

Il est sur le pont toutes les nuits, à l'aéroport de Roissy, pour accueillir les ressortissants afghans évacués par la France. Encore la nuit dernière, "un peu avant 3h du matin", 240 personnes sont arrivées sur le sol français, a indiqué Didier Leschi, directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFFI), sur Europe 1 ce mardi 24 août. Depuis le début du pont aérien mis en place à la chute de Kaboul aux mains des talibans le 15 août dernier, 1800 personnes ont été ramenées en France à bord de dix vols en tout, dont "un peu plus 1650 Afghans", a-t-il rapporté. 

Parmi ces ressortissants, on trouve "un équilibre hommes-femmes et une moyenne d’âge beaucoup plus élevée" que chez les demandeurs d'asile afghans habituels, a précisé Didier Leschi dans cet entretien, notamment parce qu'un tiers de ces réfugiés sont des familles. Depuis le début de cette année, 7000 Afghans avaient déposé une demande d’asile en France, "à 90% d’hommes avec une moyenne d’âge de 27 ans". Par ailleurs, il n’était pas sûr que tous partaient d’Afghanistan, car il existe une diaspora afghane en Iran, en Turquie, au Pakistan, précise le directeur : certains pouvaient donc se déplacer plutôt pour des raisons économiques que pour fuir la menace talibane en Afghanistan, comme les réfugiés évacués dans le pont aérien actuel.

Les arrivants sont soumis à un "protocole sanitaire" et sont testés, tandis que leur identité est vérifiée avant "délivrance d’un premier visa", a-t-il ajouté. Face à l'insuffisance des places d'hébergements en Ile-de-France,  les derniers arrivants ont été déplacés dans des centres d'hébergement en région.

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Peut-être "encore deux ou trois vols" d'ici le départ des troupes américaines au 31 août

"Il y a une extrême vigilance des services de sécurité, à la fois au départ de Kaboul et puis à l’arrivée", a-t-il également insisté. "Il ne suffit pas de dire que quelqu’un est Afghan pour dire qu’il est en besoin de protection", a-t-il estimé, renvoyant à la mise sous surveillance de cinq Afghans suspectés de liens avec les talibans le lundi 23 août. Selon lui, des extrémistes seraient susceptibles de "profiter de nos failles parce que nous sommes une société démocratique, accueillante", qui doit "maintenir" cet accueil, mais ne doit donc pas être "angélique"

D'ici le départ des troupes américaines prévu au 31 août et reconfirmé mardi 24 août par Joe Biden, "c’est une course contre la montre pour notre ambassadeur et ses équipes (...) qui vont peut-être organiser encore deux ou trois vols" avant la date butoir, a poursuivi Didier Leschi. Après quoi la France ne pourra pas "garantir la sécurité de ses personnels" s’ils sont toujours présents sur le site. 

Depuis plusieurs années, la France est le premier pays choisi par les Afghans qui sont "la première nationalité hébergée dans notre dispositif d’accueil pour demandeurs d’asile", a par ailleurs indiqué le directeur de l'OFFI : entre 9.000 et 10.000 demandes d’asile sont enregistrées chaque année, dont environ 80% sont acceptées, "un taux de protection (...) bien supérieur en France que dans d’autres pays" au titre de la Convention de Genève. Ce taux monte par exemple seulement à 15% en Allemagne. De nombreux déboutés chez nos voisins européens tentent d’ailleurs leur chance en France, où leur demande d'asile "a plus de chance d’aboutir"

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Même en contestant un refus, ils ont de grandes chances d’être accueillis, a-t-il expliqué, reconnaissant la "difficulté de reconduire ceux qui n’ont pas été estimés par l’Ofpra comme relevant d’un besoin de protection". C’est pourquoi l’OFFI organise des "retours volontaires" : "depuis 2015, plusieurs milliers d’Afghans sont repartis en Afghanistan", a-t-il déclaré.

Quant au nombre d'Afghans que la France peut accueillir au maximum, le directeur de l'OFFI ne s'est pas avancé : à cause d'un "écart grandissant entre les pays d’immigration et d’émigration, en particulier sur le plan culturel", "les questions d’intégration ne sont pas des questions de nombre mais plutôt des capacités d’accueil à prendre en charge les personnes", a-t-il estimé. 

"La France est un pays d’immigration depuis longtemps, il n’y a jamais eu autant d’immigrés en pourcentage dans la population française qu’aujourd’hui", a-t-il par ailleurs ajouté.

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