VIDÉO - Alep : imbroglio sur la reprise des évacuations, 40.000 civils toujours piégés à Alep-Est

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SYRIE - Dans le cadre d'une trêve précaire, l'évacuation de civils et rebelles de l'est de la ville syrienne avait commencé jeudi mais a été suspendue ce vendredi en fin de matinée. Seules 8.000 personnes sur 50.000 ont été évacuées. Mais selon Moscou, l'opération de sauvetage est "terminée" et non provisoirement suspendue.

L'évacuation des civils et des rebelles du dernier secteur tenu par les insurgés à Alep - après s'être accélérée vendredi matin dans le cadre du cessez-le-feu signé la veille -, a été suspendue en fin de matinée en raison "d'obstructions", selon Damas. L'organe de communication militaire du Hezbollah affirmait de son côté que des "manifestants" chiites bloquaient le passage pour réclamer l'évacuation des villages de Foua et Kefraya prévue dans l'accord.  


Selon Moscou, qui a annoncé que l'armée syrienne a "totalement pris le contrôle d'Alep-Est", l'opération d'évacuation est défintivement "terminée" et non simplement suspendue puisqu'il ne reste "que des combattants extrêmistes" dans le quartier. Le chef de la  diplomatie turque Mevlut Cavusoglu a immédiatement contesté cette hypothèse, rappelant que "beaucoup de gens veulent toujours partir de la zone".


Un responsable de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a confirmé que ses équipes, ainsi que celles du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et du Croissant-Rouge ont en effet reçu l'ordre de quitter Alep-Est. Il a dit supposer que cet ordre venait de la Russie, qui supervise l'évacuation. Seules 8000 personnes, sur les 50.000 prises au piège à Alep-est, ont été évacuées depuis jeudi. 

Les blessés accueillis en Turquie ?

Des responsables turcs ont indiqué ce 16 décembre qu'Ankara accepterait sur son territoire tous les blessés et malades ayant besoin de soins. Les autres réfugiés seraient dirigés vers un camp pouvant accueillir 80.000 personnes qui va être établi du côté syrien de la frontière, dans un secteur sécurisé par l'intervention militaire menée depuis cet été par la Turquie dans le nord de la Syrie.


L'accord de cessez-le-feu et d'évacuation d'Alep-Est a été conclu entre la Russie et la Turquie, parrains respectifs du régime de Bachar el-Assad et de certains groupes rebelles présents dans la grande ville du nord de la Syrie. Une première tentative de trêve avait tourné court mercredi.

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Il est temps de passer à une résolution politique du conflit syrienVladimir Poutine

Alors que les armes se sont tues à Alep après six ans de guerre et quinze mois après l'intervention militaire de la Russie dans ce conflit, Vladimir Poutine a déclaré vendredi que son objectif était désormais d'établir un cessez-le-feu dans l'ensemble de la Syrie. En visite au Japon, le président russe a ajouté qu'il s'était entendu avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan pour proposer l'organisation de nouvelles négociations de paix à Astana, la capitale du Kazakhstan. "Il est temps de passer à une résolution politique du conflit syrien", a-t-il insisté.


Jeudi, en arrivant à un sommet européen à Bruxelles en présence du maire d'Alep, François Hollande avait condamné l'attitude de la Russie dans le conflit, l'accusant de "ne pas tenir ses engagements" sur une trêve. Il a ajouté un peu plus tard qu'il "n'imagin(ait) même pas" que la Russie puisse s'opposer à la "résolution humanitaire" que la France entend désormais faire adopter par le Conseil de sécurité des Nations Unies. Des sanctions de l'Union européenne font "partie des options qui pourraient être ouvertes" mais "nous n'en sommes pas là", a poursuivi le chef de l'Etat français. Depuis deux mois, les 28 pays de l'UE, comme les États-Unis, accusent Damas et ses alliés, Téhéran et Moscou, de se rendre coupables de crimes de guerre  à Alep.


La perte d'Alep représente un revers cuisant pour la rébellion, qui avait conquis la partie orientale de la métropole en 2012. Pour le régime, cette victoire, rendue possible grâce au soutien de la Russie, est le plus important succès du pouvoir depuis le début de la guerre en 2011.

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