VIDÉO - Allemagne : l'infirmier serial killer présumé pourrait avoir fait bien plus que 84 vicitmes

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MORBIDE – Un infirmier allemand, Nils Högel, qui purge déjà une peine à perpétuité pour avoir tué deux patients, est soupçonné d'au moins 84 autres meurtres entre 2000 et 2005. Une liste macabre qui, de l’aveu même des enquêteurs, pourrait encore s’allonger.

Outre-Rhin, beaucoup parlent déjà de la plus vaste affaire criminelle depuis la Seconde guerre mondiale. Et pour cause : un infirmier allemand, Nils Högel, condamné à la perpétuité en 2005 pour avoir tué deux patients, est désormais soupçonné d'au moins 84 nouveaux meurtres par injections médicamenteuses surdosées dans la région de Brême (Basse-Saxe), entre 2000 et 2005, ont fait savoir lundi les enquêteurs.


"La commission d'enquête spéciale a établi 84 meurtres, en l'état actuel de l'enquête", a annoncé le chef de la police d'Oldenbourg, lors d’une conférence de presse. "Ce nombre est exceptionnel, unique, dans l'histoire de la République fédérale", a indiqué pour sa part le chef de la commission. En juin 2016, les enquêteurs avaient établi la responsabilité du soignant dans 33 décès de patients dans plusieurs établissements de soins où il travaillait.

Des corps de victimes exhumés

"Qui sait combien de crimes pourront encore être identifiés ?", a admis le procureur à Oldenbourg. Selon la cheffe du parquet de cette même ville, "le suspect ne peut pas se souvenir de chaque cas. Mais dans plus de 30 cas, le suspect, qualifié lundi par Bild de "pire serial killer d'Allemagne", se souvenait des patients concrètement et de son comportement". Nils Högel avait ainsi confessé auprès d'un psychiatre une cinquantaine d'homicides, avant de reconnaître plus de soixante tentatives quelques mois plus tard. Ces aveux avaient entraîné, en 2014, de nouvelles investigations et, rappelle le quotidien allemand Bild, à l’exhumation de dizaines de corps de victimes présumées. 


L'affaire avait éclaté en 2005, lorsque le suspect avait été surpris par une collègue en train de faire une piqûre non prescrite à un patient dans la clinique de Delmenhorst, où il exerçait alors. Un acte qui lui avait valu une première peine de sept ans et demi de réclusion en 2008, avant qu’il ne soit condamné à la perpétuité le 26 février 2015 pour les meurtres de deux patients et quatre tentatives. Pendant son procès, l’homme aujourd’hui âgé de 41 ans avait présenté ses excuses aux proches des victimes, tout en expliquant que les injections par piqûres qu'il pratiquait servaient à amener les patients au seuil de la mort, afin de démontrer sa capacité à les ramener à la vie et d’être hissé au rang de "héros". Il avait notamment évoqué "l’ennui" comme mobile.


De l’aveu même des enquêteurs, qui cherchent également à établir d'autres responsabilités - notamment parmi les responsables des hôpitaux - dans cette terrible suite de crimes, la liste complète de ses victimes pourrait ne jamais être établie avec certitude.

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