Attentat de Manchester : "C’est très particulier quand des enfants sont touchés"

TROIS QUESTIONS À... - Au moins 22 personnes ont perdu la vie lundi soir dans l'attentat-suicide perpétré lors d'un concert d'Ariana Grande à Manchester. De nombreux enfants et adolescents étaient dans le public. Ce qui semble avoir motivé le passage à l'acte de l'assaillant, estime Driss Aït Youssef, spécialiste des questions de sécurité.

Le public était composé de nombreux jeunes heureux de pouvoir écouter les tubes de leur idole. Lundi soir, un attentat suicide a fait au moins 22 morts - dont des enfants - et 59 blessés à Manchester à l’issue du concert de la chanteuse américaine Ariana Grande. L’attaque a été perpétrée par un homme qui a fait détonner "un engin explosif improvisé".  La police cherche encore à établir "s'il a agi seul ou s'il a reçu l'appui d'un réseau".


"Ces lâches ont visé la jeunesse, symbole de notre liberté", a réagi sur Twitter François Hollande, ancien président de la République. Un avis partagé par Driss Aït Youssef, président de l’Institut Léonard de Vinci et spécialiste des questions de sécurité. Interview.

LCI : Peut-on d’ores et déjà dire que cette attaque visait la jeunesse ?

Driss Aït Youssef : Cet attentat n’est pas le fruit du hasard. Il a fait l’objet d’un certain nombre de repérages : sur le lieu, le type de concert et sur ce qu’il représente, avec la présence d’une icône américaine et de nombreux jeunes. L’enquête permettra d’identifier plus précisément les motivations de l’assaillant. Mais a priori, on sent bien que cela coïncide avec la volonté des organisations terroristes de taper sur ce que les individus ont de plus cher.

LCI : Quel intérêt ont les terroristes à s’en prendre à des enfants et des adolescents ?

Driss Aït Youssef : Cela a plus d’impact. Ce qui est normal en soi, puisque l’aspect affectif entre en ligne de compte. Quand un policier, dont on apprécie le travail et le dévouement pour le service de l’Etat, est attaqué, c’est, bien sûr, choquant et émouvant. Mais c’est très particulier quand des enfants sont touchés par un attentat. Les individus, qu'ils soient parents ou non, ont une capacité de résilience assez forte sauf quand cela touche à des enfants.

LCI : Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que la jeunesse est visée par un attentat en Europe…

Driss Aït Youssef : C’est déjà arrivé en France. N’oublions jamais que Mohamed Merah a sauvagement abattu à bout portant des enfants juifs à la sortie d’une école juive avec une arme de gros calibre (attentat de Toulouse en 2012, ndlr). Ou plus récemment l'attaque survenue à Nice le 14 juillet avec un camion qui a foncé sur les familles. Il y a un vraiment un attachement très fort aux enfants qui est légitime. Si bien que les terroristes s’engouffrent dans cette brèche.

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