Avec la pandémie, les vols de chiens se multiplient au Royaume-Uni

Avec la pandémie, les vols de chiens se multiplient au Royaume-Uni

FLÉAU - Les vols de chiens explosent au Royaume-Uni depuis le début de la crise sanitaire. En cause, une forte demande et des revendeurs judiciairement très peu exposés.

Les Britanniques sont de plus en plus nombreux à rechercher un compagnon à quatre pattes. Une conséquence de la crise sanitaire et de ses longs mois de confinement, où il a fallu surmonter la solitude et l'angoisse, dans le pays le plus durement touché en Europe avec plus de 110.000 morts. 

Résultat, les prix sont montés en flèche. Les convoitises aussi : on ne compte plus les victimes de vols de chiens. Marina Petitgrew, qui témoigne dans le reportage de TF1 en tête de cet article, est l'une d'elles. Malgré les affiches qu'elle a placardées dans tout Londres, depuis un mois le panier de sa chienne Nala reste désespérément vide. "Elle me manque beaucoup parce que c'était la famille, c'était comme un enfant", dit-elle. 

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Une hausse de 250%

Née et achetée il y a un an, Nala était confiée quelques heures par semaine à une promeneuse de chiens professionnelle. C'est lors d'une de ces balades qu'elle a été enlevée. "Ils l'ont suivie. Elle a déposé un chien. Elle avait laissé les clés dans la voiture. Ils ont volé la voiture, puis l'ont abandonnée. Ils ont pris le chien et sont partis avec une autre voiture", raconte la propriétaire. Nala n'a pas été retrouvée malgré la récompense de 3.500 euros proposée.

Pour l'heure, il n'y a aucune statistique provenant de la police, mais les associations estiment que les vols de chiens ont doublé, voire triplé en un an. Sur le site internet DogLost, Wayne May aide des propriétaires éplorés à retrouver leurs animaux perdus ou volés. Lui a constaté une hausse d'environ 250% des vols de chiens depuis le début de la pandémie. Il note également que les modes opératoires sont parfois violents. "Il y a eu quelques cas récemment où des gens ont été braqués à l'arme blanche et leurs chiens volés. Nous avons constaté aussi des violations de domicile et des propriétés cambriolées spécifiquement pour voler des chiots", explique-t-il.

Amendes "dérisoires"

La raison de ce trafic est sans doute à chercher du côté des prix de vente qui se sont littéralement envolés. Selon des chiffres du site d'annonces Pets4Homes, qui a épluché environ 150.000 annonces, le prix moyen demandé de mars à septembre 2020 pour un chien était de 1.883 livres (2.140 euros), contre 888 livres (environ 1.000 euros), soit deux fois plus qu'au cours de la même période l'année précédente. Le prix de certains chiots de races très demandées comme les bouledogues ou les cavapoo (croisement entre le caniche et le cavalier king charles), peut même atteindre 4.000 livres (4.500 euros).

Ce business très lucratif n'a pas échappé aux réseaux organisés. D'autant que les chiens peuvent être facilement subtilisés. "Avant la pandémie ce que nous voyions, c'était du vol d'opportunité, un très petit pourcentage était constitué de gangs criminels ou de vols spécifiquement ciblés. Cependant, tout a changé l'année dernière", dit Wayne May qui collabore avec la police britannique. Un exemple au Pays de Galles où en janvier dernier la police locale a découvert 80 chiens enfermés dans des conditions indignes, prêts à être revendus ou pire à être utilisés pour créer des élevages de chiots clandestins. Valeur estimée : presque 50.000 euros. 

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Pour tenter de combattre ce fléau, à Londres les propriétaires de chiens deviennent de plus en plus méfiants. Des voisins se sont même organisés pour veiller tous les matins sur leurs compagnons à quatre pattes. "C'est vraiment rassurant. On sait que ce sont des personnes de confiance avec leurs chiens dans le parc. Et cela dissuade les personnes qui pourraient penser venir voler un chiot", explique un riverain. "J'essaie juste de faire attention. Je ne laisse plus les chiens à l'extérieur des magasins, je les emmène avec moi dans les maisons quand je dois aller en chercher un. Je ne les laisse pas seuls, on ne sait jamais", renchérit un autre.

Associations et propriétaires demandent la création d'un délit spécifique pour punir le vol d'animaux domestiques. Il faut dire que jusqu'à maintenant, l'amende, d'un montant d'environ 200 euros, est "dérisoire", indique Wayne May. Et moins de 5% des criminels sont actuellement condamnés.

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