VIDÉO - Avortement aux États-Unis : bataille autour de la loi texane qui offre une prime à la délation

VIDÉO - Avortement aux États-Unis : bataille autour de la loi texane qui offre une prime à la délation

REPORTAGE – La Cour d’appel fédéral a permis au Texas de continuer à appliquer sa loi ultra-restrictive contre l’avortement entrée en vigueur le 1er septembre dernier, avant d'être suspendue par un juge fédéral. Le gouvernement a jusqu'à ce mardi après-midi pour réagir contre ce texte dont les effets se font déjà sentir.

Aux États-Unis, la bataille judiciaire autour du droit à l’avortement connaît de nouveaux rebondissements. Depuis le 1er septembre, le Texas possédait la loi la plus restrictive du pays en la matière. Signée par son gouverneur, l’ultra-conservateur Greg Abbott, elle interdit d’avorter après 6 semaines de grossesse. Or, les femmes ne savent généralement même pas qu’elles sont enceintes lors de cette période très courte. 

Surtout, ce nouveau texte pousse les citoyens à dénoncer ceux qui aident les femmes à se faire avorter. Une délation récompensée de 10.000 dollars. Un parent, un chauffeur de taxi ou un médecin peuvent ainsi être poursuivis.

Toute l'info sur

Le WE

La loi baptisée "Texas Heartbeat Act" avait été bloquée temporairement le 6 octobre par un juge fédéral du Texas à la suite d'une plainte du gouvernement de Joe Biden. Les avortements au-delà de six semaines avaient alors repris dans certaines cliniques du deuxième État le plus peuplé du pays (29 millions d'habitants).

Mais le procureur général du Texas, le républicain Ken Paxton, avait fait appel devant une cour fédérale, réputée comme une des plus conservatrices du pays, qui lui a donné raison. Celle-ci a de nouveau interdit ces interruptions volontaires de grossesse.

Selon toute vraisemblance, le gouvernement fédéral américain contestera la décision de la Cour d'appel. Il a jusqu'à mardi après-midi pour réagir. Cette loi devrait rapidement revenir devant la Cour suprême, la plus haute juridiction américaine. Son opposition à cette loi n'est cependant pas assurée. 

Lire aussi

En attendant, la loi a déjà des conséquences. Faute de patientes, de nombreuses cliniques qui pratiquaient l'avortement ont fermé. Et dans une des seules qui restent ouvertes, le personnel médical qui y travaille est sans cesse intimidé. "On reçoit régulièrement des menaces des militants anti-avortements. Ils nous harcèlent, ils nous téléphonent notamment, ils sont très agressifs. Et en plus maintenant, ils ont la loi avec eux", témoigne anonymement une employée. 

Le chirurgien obstétricien de la clinique alerte également sur les conséquences sociales et médicales de cette loi. "Toutes les femmes n’ont pas les moyens d’aller avorter ailleurs. Ça nous renvoie donc au début des années 1970, quand l’avortement était illégal. Et le risque, à l’époque, c'était que les femmes se fassent avorter illégalement, avec toutes les complications et les hospitalisations que ça peut entrainer", craint-il. 

D'autant que les militants anti-avortements profitent de cette situation où l'information n'est plus accessible pour les femmes qui souhaitent avorter. Des "centres de grossesse" se développent ainsi aux abords des anciennes cliniques. En fait tenues par des militants anti-avortements, ceux-ci font alors tout pour les dissuader d'avorter dans des États voisins. 

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

CARTE - Covid-19 : quels sont les départements où le nombre de cas augmente à nouveau ?

Le permis à points est-il sans effet sur la mortalité routière ?

Texas : trois enfants abandonnés dans une "maison de l'horreur" avec le cadavre de leur frère

Ces propositions qu'Eric Zemmour emprunte au programme 2017 de François Fillon

Femme de ménage, j’ai plusieurs employeurs, lequel va me verser la prime de 100 euros ? Le 20H vous répond

Lire et commenter
LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies.