VIDÉO - Bras d'honneur de Trump sur le climat : et dire que même avec les Etats-Unis, l'accord de Paris était un minimum pour la planète

ENVIRONNEMENT - En annonçant jeudi soir son retrait de l'accord de Paris, Donald Trump a estimé que sa décision n'aurait "pas d'impact' sur le climat. Et pourtant, l'accord sera désormais plus difficilement applicable, alors même que dès l'origine, il ne garantissait pas de parvenir à limiter la hausse des températures.

Faut-il rajouter du pessimisme au pessimisme ? Deux jours après le retrait de Donald Trump de l'accord de Paris et les réactions indignées dans le monde entier, revenons sur les objectifs de ce texte. Il fixe un objectif de réchauffement de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels, ce qui implique de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre. 

Pour de nombreux scientifiques, c'est insuffisant, car un réchauffement de 2°C provoquera déjà de nombreux dommages et modifiera durablement le visage de la planète, et de ses habitants. En passant en revue les études scientifiques de plusieurs organisations internationales, comme l'ONU, la Banque mondiale, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), ou des études universitaires, il y a en effet de quoi être pessimiste.

Si le réchauffement climatique est contenu dans la limite des 2 degrés, le niveau de la mer pourrait augmenter d'environ 1 mètre d'ici la fin du siècle. De quoi engloutir 10.000 à 20.000 îles, notamment dans les états du Pacifique, estime le CNRS. Des villes côtières seraient menacées partout sur le globe, comme Miami, en Floride.


Plus généralement, la fonte des glaces provoquerait une augmentation des phénomènes climatiques extrêmes, comme les inondations et les ouragans. Et avec eux, c'est le nombre de réfugiés climatique qui risque d'exploser. Ils pourraient être 250 millions à fuir les effets du réchauffement d'ici à 2050, selon une étude de l'ONU publiée en 2012.

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Donald Trump, un climatosceptique (assumé) de longue date

Qui dit tempêtes ou inondations, dit mauvaises récoltes. L'ONU estime à plusieurs centaines de millions le nombre de personnes touchées par la malnutrition d'ici 2080. De nouveaux risques sanitaires apparaîtront en parallèle, à cause des vagues de chaleur et des inondations. Deux milliards de personnes supplémentaires seraient ainsi exposées à la dengue d'ici les années 2080, selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).


Les animaux aussi paieront un lourd tribut à cause du réchauffement climatique. Même si l'accord de Paris était respecté, environ 5% des espèces animales pourraient s'éteindre. Une proportion qui monte à 16% si la température augmente de plus de 4°C, selon une étude parue en mai 2015 dans la revue Science.


L'accord de Paris était déjà un minimum. En lui mettant de sérieux bâtons dans les roues tout en estimant que le retrait de son pays, deuxième plus gros pollueur au monde derrière la Chine, "n'aura pas d'impact" sur le climat, Donald Trump fait bien un bras d'honneur à la planète.

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