Évacuation musclée dans un parc : les images qui choquent Bruxelles

Évacuation musclée dans un parc : les images qui choquent Bruxelles

TENSION - Alors que 2.000 personnes étaient réunies jeudi 1er avril dans un parc à Bruxelles, malgré l'interdiction des autorités en raison de la pandémie de coronavirus, l'intervention de la police a tourné à l'émeute.

La fête a tourné court jeudi à Bruxelles. Entre 1.500 et 2.000 personnes s'étaient rassemblées dans un parc malgré l'interdiction des autorités en raison de la pandémie de coronavirus. Et lorsque la police a voulu y mettre fin, c'est par des tirs de bouteilles de verre qu'ils ont été accueillis. Une pluie de projectiles lancée par quelques dizaines de jeunes qui a entrainé une riposte tout aussi musclé des forces de l'ordre. Déployées par dizaines, à cheval ou à pied, ils ont tenté de disperser la foule avec des canons à eau. 

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Les affrontements ont été particulièrement violents, comme le montre l'image d'une femme percutée par un cavalier en pleine course. Des scènes qui ont choqué l'opinion publique alors que la plupart des participants ne s'en sont pas pris aux policiers, certains se filmant avec leur téléphone portable en train de chanter et de danser. "J'étais simplement là pour dire qu'on a le droit de fréquenter un lieu public, pas pour manifester", a dit à l'AFP un des participants, Selim Jebira, "et on s'est fait gazer sans aucune raison".

Ouverture d'une enquête

Mercredi le parquet de Bruxelles avait prévenu que l'appel lancé sur les réseaux sociaux à rallier ce parc le 1er avril pour une fête était illégal en raison des restrictions anti-Covid. Le parquet avait déploré l'organisation d'"un faux événement intitulé 'La Boum'", avertissant que les participants s'exposaient à des poursuites judiciaires, "vu les risques engendrés par les grands rassemblements".

"Les gens ont besoin de prendre l’air, mais on ne peut pas tolérer de tels rassemblements dans le Bois de la Cambre", a réagi sur Twitter le bourgmestre (maire) de Bruxelles, Philippe Close, mettant en parallèle ces débordements avec les efforts fournis par les soignants contre le virus. "Les personnes qui n’obtempèrent pas aux injonctions de la police risquent l’arrestation et des poursuites. Merci à la police pour le travail difficile et aux gens qui respectent les règles depuis plus d’un an", a ajouté l'élu socialiste. Dès mercredi le parquet avait annoncé l'ouverture d'une enquête pour identifier les organisateurs de ce rassemblement.

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Il faut dire qu'en pleine pandémie, ce type de rassemblement ne passe pas. D'autant que la Belgique est entrée samedi dernier dans une nouvelle phase de restrictions, plus sévères, prévoyant notamment un accès limité aux commerces non essentiels et la possibilité de se rassembler en extérieur à quatre adultes maximum. Sur fond de propagation rapide du variant anglais, les écoles et universités ont par ailleurs fermé leurs portes lundi, anticipant d'une semaine les quinze jours de congés scolaires de Pâques.

Sous le choc, les Bruxellois croisés ce vendredi dans le parc ne comprennent pas comment la situation a pu autant dégénérer. "C'est désolant", dit une riveraine. "Je comprends que les jeunes veuillent faire la fête et qu'ils n'en peuvent plus, mais c'est pas une raison pour tout casser", renchérit une autre.

Durant ces débordements, 22 policiers, huit manifestants et sept chevaux ont été blessés.

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