VIDÉO - "Macron l'Africain": pourquoi le président se rend au Burkina Faso, en Côte d'Ivoire et au Ghana

International
DIPLOMATIE - Le président entame lundi sa première tournée en Afrique. Attendu au Burkina Faso, en Côte d'Ivoire et au Ghana, il veut recentrer les relations avec le continent sur l'entrepreneuriat, la jeunesse et l'éducation.

Emmanuel Macron s'est envolé lundi soir en Afrique pour entamer sa première tournée sur le continent, jusqu'au 30 novembre. Attendu au Burkina Faso, puis en Côte d'Ivoire et au Ghana, il va fixer sa politique à l’égard d'un "continent d'avenir" avec lequel il souhaite nouer un "partenariat renouvelé" axé sur l'éducation, l'entrepreneuriat et l'investissement. Le président est attendu dans la matinée de mardi à l'université de Ouagadougou pour tracer les grandes lignes de sa vision de la relation entre la France et l'Afrique. Il devra convaincre une jeunesse africaine de plus en plus hostile à la présence française sur le continent.

En 2002, il a regardé le duel Chirac-Le Pen dans le bureau de l'ambassadeur au Nigéria

Le chef de l'État s'est déjà intéressé à l'Afrique. C'était il y a 15 ans. Emmanuel Macron était alors étudiant à l'ENA et a choisi de faire son stage de 6 mois en ambassade à Abuja, au Nigéria. "C'est dans mon bureau à l'ambassade qu'il a suivi la soirée électorale du duel Chirac-Le Pen", confie au JDD l'ambassadeur d'alors, Jean-Marc Simon.


L'étudiant a ensuite fait partie des quelques élèves qui ont voulu baptiser leur promotion d'énarques du nom de Léopold Sédar Senghor, l'écrivain et homme d'État franco-sénégalais décédé en 2001. Le président Chirac et le Premier ministre Jospin n'avaient pas assisté à ses obsèques.

Le contexte : terrorisme, migrations et petites phrases

Les pays du Sahel sont confrontés à une menace terroriste persistante, que la présence militaire française peine à combattre, et le continent connaît des flux migratoires croissants, que les pays européens veulent endiguer. Économiquement, la France est aussi confrontée à la concurrence accrue de puissances émergentes, comme la Chine.


Décidé à redresser l'image et l'influence française en Afrique, Emmanuel Macron revendique d'abord un renouvellement de méthode et de gouvernance en France comme à l'international. Symbole de cette nouvelle approche, il s'est entouré depuis cet été d'un "Conseil présidentiel pour l'Afrique", principalement composé de jeunes entrepreneurs binationaux en lien étroit avec leur pays d'origine, censés apporter une autre vision de l'Afrique que les réseaux diplomatiques traditionnels de ses prédécesseurs.


Malgré ses intentions réformistes, Emmanuel Macron devra faire oublier une de ses déclarations de cet été, au G20, où il jugeait difficile de stabiliser l'Afrique quand la natalité y est "encore de 7 à 8 enfants par femme". En son temps, Nicolas Sarkozy avait fait scandale en affirmant à Dakar que "l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire". 

En vidéo

VIDÉO - Macron et les sept ou huit enfants par femme en Afrique

Discours, inauguration : le programme de la tournée

Au Burkina Faso, Emmanuel Macron prononcera mardi son principal discours de politique africaine devant 800 étudiants à l'université de Ouagadougou. Il répondra ensuite à leurs questions, "sans filtre", promet l'Elysée. "Ce public n'a pas forcément une bonne image de la France", reconnaît l'Elysée, surtout depuis la chute de Blaise Compaoré, chassé par la rue en 2014 et que la France a exfiltré vers la Côte d'Ivoire.


Le Burkina réclame aussi à Paris l'extradition de son frère François Compaoré, objet d'un mandat d'arrêt international pour l'assassinat d'un journaliste en 1998. Enfin, plusieurs organisations de ce pays ont appelé à manifester sur son passage, pour protester contre le "pillage" des ressources naturelles par les grandes entreprises françaises, la présence militaire de Paris et le maintien du franc CFA, "monnaie coloniale", selon elles.

À Abidjan, la capitale ivoirienne, Emmanuel Macron assistera au sommet Europe-Afrique afin de "replacer la relation France-Afrique dans le cadre de son projet de refondation de l'Europe". Ses priorités : obtenir le soutien financier des Européens pour la force antiterroriste des pays du G5 Sahel et coordonner la lutte contre les passeurs, y compris en Libye où certains migrants sont vendus comme esclaves. Le président français avait qualifié mercredi ces cas d'esclavage de "crimes contre l'humanité".


Il se rendra enfin au Ghana, pays anglophone et démocratique, afin de montrer une "approche continentale de l'Afrique" au-delà des anciennes colonies françaises et une vision plus offensive de la francophonie. 

Tout savoir sur

Tout savoir sur

La présidence Macron

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter