VIDÉO - Le Liban dans l'enfer des pénuries : "Ça fait un an et demi qu’on n’a pas mangé de viande"

VIDÉO - Le Liban dans l'enfer des pénuries : "Ça fait un an et demi qu’on n’a pas mangé de viande"

REPORTAGE - Le Liban s'enfonce irrémédiablement dans une crise économique dont les effets sont désormais visibles partout. Électricité, essence, médicaments, eau... On manque désormais à peu près de tout. L'envoyé spécial de TF1 nous raconte.

Le Liban au bord de la faillite. Depuis deux ans, une crise économique aggravée par la spirale de l'hyperinflation plonge le pays dans une série de pénuries que les habitants subissent de plein fouet. 78% des Libanais vivent désormais sous le seuil de pauvreté, à la suite de ce que l'OMS tient pour l'effondrement le plus brutal d'un pays depuis 1850. L'envoyé spécial de TF1 sur place a rencontré des habitants et des commerçants de Beyrouth qui affrontent des conditions quotidiennes catastrophiques, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête de cet article. 

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Le 20h

“Ça fait un an et demi qu’on n’a pas mangé de viande dans cette maison”. Zaina, qui vit dans le quartier de Borj Hammond, à Beyrouth, décrit ainsi sans détours son quotidien. "Et pourtant, j'ai une dette auprès de mon épicier qui dépasse les mille euros", poursuit cette mère de famille qui ne parvient plus à faire face à la hausse continue des prix.

Roy Koberci, qui travaille pour l'ONG Care, est venu lui livrer quelques produits de première nécessité, devenus inabordables. "Ces serviettes hygiéniques", explique-t-il en exemple, "elles coûtaient l'équivalent de 2 euros. Maintenant, dans les rayons, leur valeur est de près de 20 euros".

Même les riches se mettent à demander le prix des produits- Wajdi Fayad, épicier de Beyrouth

Le reporter de TF1 parcourt les étals à demi-vides d'une épicerie de Beyrouth, privée de produits frais, et où les produits qui subsistent sont devenus hors de prix : un kg de pâtes à 9 euros, un litre d'huile à 30... Selon l'épicier Wajdi Fayad, "même les riches se mettent à demander le prix des produits". "Il y a des clients pourtant fortunés", témoigne-t-il, "qui me renvoient des livraisons parce que c'est trop cher".

En vidéo

Beyrouth : vivre avec deux heures d'électricité par jour

La semaine dernière François-Xavier Ménage avait déjà enquêté à Beyrouth sur les effets de la pénurie d'énergie (vidéo ci-dessus). Deux heures d'électricité seulement par jour, et des prix exorbitants de l'essence qui interdisent le recours aux générateurs... Une situation qui ramène les habitants des années en arrière, aux pires heures des privations de guerre, et met en danger jusqu'aux patients des hôpitaux.

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Depuis fin 2019, le Liban s'enfonce dans une crise économique sans précédent en temps de paix. L'explosion du port de Beyrouth, il y a un an, l'aura accélérée et aura mis à nu l'incurie des dirigeants du pays, tandis que la pandémie de Covid-19 en aura aggravé les effets. En mars dernier, l'ONU s'inquiétait même d'un risque de famine au Liban si un redressement économique n'était pas opéré, une hypothèse que l'on aurait jugée invraisemblable il y a si peu, dans ce qu'on appelait encore "la Suisse du Moyen-Orient".

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