Canal de Suez bloqué : un embouteillage qui pourrait coûter cher

Canal de Suez bloqué : un embouteillage qui pourrait coûter cher

REPORTAGE - Depuis deux jours, les armateurs et experts en sécurité maritime cherchent comment rouvrir le canal de Suez. L’un des plus grands porte-conteneurs du monde est bloqué au milieu du canal. Les répercussions économiques ne se sont pas fait attendre.

Pour sortir le monstre des mers de la terre dans laquelle il s’est échoué, les moyens (pelleteuses, remorqueurs) semblent dérisoires. Les experts parlent d’une opération qui pourrait durer quelques jours, voire quelques semaines. Depuis deux jours, l’Ever Give, exploité par l’entreprise Evergreen, bloque le passage sur le canal de Suez, après s’être mise en travers pour une raison encore inconnue. Avec ses 400 mètres et 220 000 tonnes, c’est l’un des plus gros porte-conteneurs au monde. Plus long que la hauteur de la Tour Eiffel ou le porte-avions Charles-de-Gaulle.

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Résultat : sur cette voie maritime entre Asie et Europe, qui voit normalement passer près de 10% du commerce maritime international, plus aucun bateau ne navigue. Le canal évite pourtant de contourner l’Afrique par l’ouest pour rejoindre la Méditerranée et l’Europe. Autant de pétrole et de marchandises bloqués pour une durée indéterminée. Les importations françaises sont également concernées. 

Vincent Groizeleau, un expert maritime, précise : “Dans ces conteneurs, il y a quoi ? Il y a tous les produits manufacturés qui sont produits en Chine, qui arrivent en Europe. Alors, c’est de la micro-informatique, c’est de l’électroménager, c’est de la nourriture, ce sont des masques, par exemple. Les masques qu’on utilise aujourd’hui pendant la pandémie. Au début, il n’y en avait pas assez, ils venaient par avion. Aujourd’hui, ils viennent par bateau. Donc, on est très très dépendant de cette ligne de circulation”.

Une fois l’Ever Given renfloué, il faudra patienter avant que tous ces navires n’arrivent à bon port. Lars Jensen, PDG de Sea Intelligence Consulting (Danemark), explique : “C’est comme une unité de ketchup. Vous attendez et tout arrive en même temps. Les navires qui étaient en attente dans le canal et ceux qui viennent d'ailleurs et qui rejoignent, eux aussi, les ports européens. Donc, plus cela dure, plus le risque de voir des problèmes de congestion massive est élevé”. Pour alléger l’Ever Given et faciliter ainsi son renflouement, le propriétaire japonais du navire n’exclut pas de décharger un à un les conteneurs au moyen de bord.

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