Que contient le "plan de paix" au Proche-Orient présenté par Donald Trump?

Plan de paix : les Palestiniens vent debout contre le projet de Trump
International

CONTROVERSÉ - Donald Trump a présenté mardi son "plan de paix" pour le Proche-Orient, en présence du Premier ministre israélien. Particulièrement favorable à Israël, il ouvre notamment la voie à l'annexion des colonies en Cisjordanie.

C’était un projet attendu depuis trois ans. Donald Trump a mis fin au suspens en présentant, ce mardi 28 janvier, son "plan de paix" pour le Proche-Orient. Le président des Etats-Unis estime que son programme, surnommé la "Vision", est "de loin la proposition la plus détaillée jamais avancée". Alors que trouve-t-on dans ce projet de 181 pages ? On fait le point.

Une "solution réaliste" à "deux Etats"

Son plan est fondé sur une solution à "deux Etats". C'est en tous cas comme ça que le président a introduit son propos. Concernant la Palestine, l'ex-homme d’affaires a expliqué vouloir un Etat démilitarisé, mais qui restera "ouvert". Une "vision" qui devrait permettre non seulement de faire "un grand pas vers la paix" mais aussi de stimuler l'économie palestinienne. Le magnat de l'immobilier estime en effet que ce plan, "s'il est bien exécuté", permettrait de créer dans les "dix prochaines années", "un million d’emplois palestiniens". Et attirerait des investissements "massifs" à hauteur de 50 milliards de dollars. Donald Trump a également promis qu'il n'y aurait aucun "développement" de colonies israéliennes "pendant une période de quatre ans". 

Cependant, le locataire de la Maison Blanche a d'ores et déjà averti que le futur "Etat palestinien" – qui semble n'avoir d’un Etat que le nom – ne pourrait voir le jour que sous plusieurs "conditions". Parmi elles, le "rejet clair du terrorisme". Affirmant sa conviction que les Palestiniens méritaient "une vie meilleure", il a dit avoir envoyé une lettre au président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, pour l'exhorter à saisir "une chance historique", et peut-être "la dernière", d'obtenir un Etat indépendant.

Jérusalem, la "capitale indivisible d'Israël"

Quid des colonies d'ores et déjà amputées à la Palestine ? Israël peut les annexer. Car si Donald Trump dit que cette "Vision" - comme décrite dans le rapport - est fondée sur une solution à "deux Etats", celui qui se targue d'être un négociateur hors pair souligne surtout qu'elle est basée sur une "solution réaliste". Soit – sans surprise – très favorable à Israël. C'est donc surtout à Benjamin Netanyahu, présent à ses côtés, que le milliardaire républicain a donné des garanties inédites. Présentant le Premier ministre israélien comme son "ami", il lui accorde notamment la souveraineté sur la vallée du Jourdain. Et ouvre la voie à l'annexion des colonies de Cisjordanie. 

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Sans surprise, Donald Trump a aussi promis que Jérusalem resterait "la capitale indivisible d'Israël". Un engagement qui semble, aux premiers abords, compliqué à consolider avec une autre proposition qu'il a faite : celle de créer une capitale de l'Etat palestinien à Jérusalem-Est.  Et pour cause, le président américain a joué avec les mots. Il a utilisé l’expression "Eastern Jerusalem",  soit "l'est de Jérusalem", désignant ainsi sa lointaine banlieue. 

C'est en tout cas l'interprétation de Benjamin Netanyahu. Devant la presse, il a déclaré que ce "plan de paix" ferait d'Abu Dis, une banlieue de la ville située au-delà du mur de séparation, la capitale palestinienne. Le Premier ministre s'est ensuite dit prêt à négocier pour créer un "chemin vers un futur Etat", à condition que la Palestine reconnaisse Israël comme un "Etat juif". 

Une carte pour y voir plus clair

Ces "deux Etats" tels que les envisage Trump, on peut désormais les découvrir sur une carte partagée sur Twitter. C'est sur son réseau social favori que Donald Trump a exposé sa "Vision", avec une Palestine en mosaïque. Est par ailleurs mentionnée la création d’un tunnel pour relier la Cisjordanie à la Bande de Gaza. 

Les annonces de Trump se veulent suivies d'une mise en application directe. L’ambassadeur américain en Israël, David Friedman, a déclaré plus tard dans la soirée qu’Israël pouvait annexer "sans attendre" ses colonies en Cisjordanie. Pour rappel, celles-ci sont toujours illégales au regard du droit international.

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