Des maltraitances et abus dénoncés dans une usine chinoise travaillant pour Ivanka Trump

ABUS - Coups, insultes, journées interminables... Pour les employés des usines chinoises Huajian, qui fabriquent des chaussures pour le compte de la marque d'Ivanka Trump, le quotidien ne semble pas être tout rose. Pour dénoncer ces conditions de travail déplorables, des voix s'élèvent.

Hua Haifeng, Su Heng et Li viennent d'être relâchés sous caution par les autorités chinoises. Ils avaient été arrêtés il y a un mois alors qu'ils enquêtaient secrètement sur les conditions de travail d’usines de chaussures travaillant pour la marque Ivanka Trump. Officiant pour l'ONG China Labor Watch, basée aux États-Unis, ils avaient découvert que deux usines de Huajian obligeaient leurs employés à faire des heures supplémentaires et les payaient à des salaires inférieurs au minimum légal. D'après leurs informations, les employés sont aussi forcés, sous la menace de leur licenciement, à remplir des questionnaires bidonnés à propos des conditions de travail. Li Qiang, le fondateur de China Labor Watch, décrit l'usine Huajian de la province de Ganzhou comme l'une des pires qu'il ait vues en presque vingt ans d'enquêtes sur les abus au travail. 


La remise en liberté des trois hommes est jugée exceptionnelle par Amnesty International. Elle est peut-être, selon l’ONG, "due à la pression internationale entourant l'affaire". Washington avait enjoint Pékin à "libérer immédiatement" les enquêteurs, rapporte l'AFP. Patrick Poon, un chercheur spécialisé d'Amnesty International, redoute désormais que le trio ne fasse l'objet de multiples restrictions. Leur procès est fixé l'année prochaine.

Dans le même temps, l’agence américaine AP a pu parler à trois ouvriers de l'une des usines en question. L'un y travaille toujours, les deux autres ont quitté leurs fonctions. Ils dénoncent tous trois des journées sans fin s’étirant après minuit, des cadences très élevées et des insultes récurrentes de la part de leur hiérarchie. Selon eux, les encadrants se laissent également régulièrement aller à battre leurs équipes.


Récemment, l’un des employés aurait été frappé à la tête par le talon aiguille d’une chaussure. C’est cette scène qui les a poussés à sortir de leur silence. "Il saignait juste au milieu du crâne", raconte l’employé de l’usine. "Il y avait beaucoup de sang. Il est allé à l’infirmerie en passant devant moi", précise le second. Tous trois sont les premières personnes ayant une connaissance réelle des conditions de travail à l’usine de Ganzhou à parler aux médias. Ils l’ont fait sous couvert d'anonymat, par crainte de subir des représailles ou d’être arrêtés.

La marque d'Ivanka Trump ne produit pas directement en Chine. Elle a cependant confié une partie de sa production à des entreprises qui font fabriquer dans ce pays des vêtements, des chaussures ou des sacs à main. En octobre, Huajian avait confié à l'AFP que le groupe avait produit environ 100.000 paires de chaussures Ivanka Trump ces dernières années, alors même que Donald Trump fustigeait pendant sa campagne les entreprises délocalisant en Chine.


Au-delà de cette polémique sur les conditions de travail dans les usines fabriquant ses produits, la marque Ivanka Trump est également égratignée par des accusations de contrefaçon et concurrence déloyale. Le chausseur italien Aquazzura a récemment déposé plainte contre la fille du président américain et son associé Marc Fisher pour avoir copié quasiment à l'identique l'une de ses sandales iconiques, la "Wild Thing". Ivanka Trump  devra témoigner en personne dans le cadre de cette plainte d'ici la fin octobre.

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