VIDÉO - Libye : des migrants vendus aux enchères et réduits en esclavage, l’ONU parle d’une situation "inhumaine"

VIDÉO - Libye : des migrants vendus aux enchères et réduits en esclavage, l’ONU parle d’une situation "inhumaine"

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ATROCITÉS – Alors que les migrants continuent d’arriver quotidiennement en Libye, des reporters de CNN ont été témoins d’une vente aux enchères de certains d’entre eux, réduits en esclavage. Des révélations édifiantes diffusées ce mardi soir qui illustrent la situation dramatique des réfugiés, à un moment où l’ONU qualifie d’"inhumaine" la politique migratoire de l’UE dans le pays.

L’horreur, de l’autre côté de la Méditerranée. Alors que les migrants fuyant les guerres et la misère continuent d’affluer massivement chaque jour en Libye dans l’espoir de s’établir en Europe, des reporters de la chaîne américaine CNN ont été témoins d’une scène aussi terrible qu’intolérable non loin de la capitale Tripoli : une vente aux enchères d'êtres humains réduits au rang d’esclaves. Des révélations édifiantes qui seront diffusées ce mardi soir dans le cadre d’un reportage et qui illustrent la situation dramatique de la plupart des réfugiés dans le pays. 


"Sous les yeux des journalistes, une douzaine de personnes défilent pour être vendues en l'espace de quelques minutes", détaille un communiqué de CNN accompagnant un extrait vidéo du document. La séquence fait froid dans le dos. "Qui a besoin d’un mineur ? C'est un mineur, un grand homme fort, il va creuser", dit un vendeur habillé en tenue de camouflage, devant de jeunes hommes au regard hagard. Et la chaîne de poursuivre sa description : "Les acheteurs lèvent la main. Au fur et à mesure le prix augmente, 500, 550, 600, 650... La vente est conclue rapidement, et les hommes complètement résignés à leur sort, sont remis à leurs nouveaux maîtres."

L’enfer des centres de détention

À la merci des trafiquants d’êtres humains, ces exilés, en quête d’une vie meilleure, le sont aussi des forces de l’ordre locales si l’on en croit les propos virulents du haut-commissaire des Nations unies aux Droits de l'Homme. "La communauté internationale ne peut pas continuer à fermer les yeux sur les horreurs inimaginables endurées par les migrants en Libye, et prétendre que la situation ne peut être réglée qu'en améliorant les conditions de détention",  a déclaré ce mardi Zeid Ra'ad Al Hussein, dénonçant la coopération entre l’Union européenne (UE) et les autorités libyennes sur la question migratoire. "La politique de l'UE consistant à aider les garde-côtes libyens à intercepter et renvoyer les migrants [est] inhumaine", a-t-il souligné. "La souffrance des migrants détenus en Libye est un outrage à la conscience de l'humanité."


Cet appel intervient alors que le groupe de contact sur la route migratoire en Méditerranée centrale – réunissant 13 pays européens et africains, dont la Libye – a décidé lundi d'améliorer les conditions des migrants dans les centres de détention tout en promouvant des alternatives à cette solution controversée. D'après des chiffres libyens, 19.900 personnes se trouvaient dans ces centres début novembre, contre 7000 mi-septembre. Une forte augmentation qui fait suite à des affrontements meurtriers à Sabratha, ville de l'ouest devenue l’un des principaux points de départs. 

Les observateurs de l'ONU ont été choqués par ce qu'ils ont vuZeid Ra'ad Al Hussein, haut-commissaire de l'ONU aux Droits de l'Homme

"Les observateurs [de l'ONU] ont été choqués par ce qu'ils ont vu : des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants émaciés et traumatisés, empilés les uns sur les autres, enfermés dans des hangars (...) et dépouillés de leur dignité", a expliqué Zeid Ra'ad Al Hussein. Mais aussi horrible soit-elle, la situation n’est cependant pas nouvelle. Début septembre, l’ONG Médecins sans frontières avait déjà demandé à ne plus renvoyer les migrants en Libye, jugeant qu’ils y étaient "violés, torturés et soumis à l'esclavage". Dans le même temps, l'Unicef (ndlr : spécialisée dans les droits de l'enfant) et l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) avaient rapporté que 77% des enfants et jeunes migrants essayant de rejoindre l'Europe par la Méditerranée centrale faisaient état "d'expériences directes d'abus, d'exploitations et de pratiques assimilables à du trafic d'êtres humains".

En vidéo

MSF demande à ne plus renvoyer les migrants en Libye, "là où ils sont violés, torturés et soumis à l'esclavage"

Selon les derniers chiffres de l’OIM, environ 157.000 migrants et réfugiés sont arrivés sur le Vieux continent par la mer depuis le début de l’année (contre quelque 341.000 durant la même période en 2016), essentiellement depuis la Libye. Au total, plus de 3000 personnes ont péri pendant la traversée. 

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