Coronavirus : l'impossible confinement en Côte d'Ivoire

Coronavirus : l'impossible confinement en Côte d'Ivoire
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PANDÉMIE - En Côte d'Ivoire, il n'est pas question pour l'instant d'un confinement général par crainte d'un coût social. Et celui-ci peut s'avérer dramatique.

Malgré les affiches de préventions, la foule ne désemplit pas à Yopougon. Dans la plus vaste et la plus peuplée des communes d'Abidjan (Côte d'Ivoire), il n'y a ni auto-confinement, ni distance de sécurité et seulement quelques masques visibles dans les rues. Des caches-nez sont donc distribués pour protéger les vendeurs et vendeuses ne pouvant s'offrir la possibilité de se confiner, obligés de sortir tous les jours pour gagner de quoi vivre. 

"Si on me dit de rester à la maison tout au long de la maladie qui va me donner de l'argent? Moi je veux gagner de l'argent pour nourrir mes enfants", confie Léopoldine Ire Lou Yire, commerçante à Yopougon. 

Non loin des commerces de rue, une école a été réquisitionnée pour servir d'atelier solidaire, où des masques sont cousus à la chaîne. Un est produit toutes les dix minutes par chaque couturier bénévole. Des protections pour éviter que cette absence de confinement ne fasse exploser le nombre de cas de Covid-19. "C'est une commune où les gens n'ont pas forcément les moyens de s'acheter des masques", explique la styliste ivoirienne Rebecca Zoro, marraine du projet Yo Crealab, "c'était nécessaire et urgent d'offrir des masques en tissu pour que les gens puissent en rentrant chez eux le désinfecter et le passer à l'eau chaude pour pouvoir le reporter"

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Pour les 5 millions d'habitants de la capitale ivoirienne, ces masques sont d'autant plus indispensables que les autorités viennent de rendre leur port obligatoire tout comme le sera désormais le confinement des personnes âgées ou de celles souffrant de maladies chroniques mais pour l'instant pas de confinement général par crainte d'un coup social qui pourrait s'avérer dramatique.

Même partiel , le confinement frappe les plus modestes. Joël Komoe, chauffeur, ne dispose d'aucun filet social en raison de son statut de travailleur indépendant. "Personne ne ressort, la recette a diminué. Et puis la population a peur de sortir. Ceux qui sortent c'est vraiment quand c'est important!", explique le chauffeur dont les clients sont obligés de se laver les mains avant d'entrer dans le véhicule. "On n'a pas le choix, on est obligé de le prendre mais il faudrait que tout le monde respecte les règles d'hygiène", confie une cliente. 

La Côte d'Ivoire, qui a décrété l'état d'urgence, a d'ores et déjà débloqué 2,5 milliards d'euros soit 20% de son budget annuel pour faire face aux conséquences sociales de son confinement partiel. Les autorités ont par ailleurs a annoncé jeudi la mise en place "une stratégie de dépistage, avec l’installation à Abidjan de 13 centres de prélèvement de proximité, sur un total de 45 qui seront déployés" dans le pays. 533 cas ont été enregistrés et 4 décès liés au Covid-19 ont été recensés depuis le début de la crise sanitaire.

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