Petites dindes, peu d'invités : notre Noël sous Covid ressemblera-t-il au Thanksgiving américain ?

Fêtes de famille : comment font les Américains

ÉTATS-UNIS - Thanksgiving est sans aucun doute l'une des célébrations les plus attendues par les Américains. Mais cette année, Covid oblige, les festivités de ce jeudi 25 novembre sont largement revues à la baisse.

Aux Etats-Unis, Thanksgiving est une grande fête familiale, plus importante que Noël pour beaucoup, où proches et amis se retrouvent autour de la traditionnelle dinde farcie, accompagnée de patates douces et de sauce aux canneberges. Mais cette édition 2020 est d'ores et déjà marquée au fer rouge par la pandémie de Covid-19, alors que le pays est le plus touché au monde avec plus de 12,5 millions de cas confirmés et 260.000 décès.

Les autorités sanitaires et la plupart des responsables politiques, sans aller jusqu'à interdire les déplacements, ont appelé les Américains à ne pas voyager et à limiter la taille des rassemblements afin de ne pas aggraver la situation sanitaire. Des recommandations similaires à celles d'Emmanuel Macron et de ses ministres, en quelque sorte. Mais nombreux sont ceux qui ont tout de même convergé vers les aéroports pour s'envoler retrouver leurs familles. De fait, ce week-end a été "le plus chargé depuis le début de la pandémie", avec plus de 3 millions de passagers recensés dans les aéroports américains entre vendredi et dimanche, a indiqué lundi à l'AFP l'agence TSA, chargée des contrôles de sécurité dans les aéroports. C'est cependant moins de la moitié des 7 millions de passagers enregistrés l'an dernier à la même époque. Et mercredi, l'aéroport de Los Angeles, par exemple, était quasi désert.

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Des dindes plus petites

Première conséquence de ces célébrations a minima, les commandes de dindes sont nettement plus petites. Et même si les volatiles restent bien charnus, ils le sont moins que d'habitude. Les années précédentes, les clients choisissaient en général de belles bêtes de 10 kilos, cette année ils repartent moins chargés, avec des volatiles de 4 kilos en moyenne. Suzanne, la patronne d'un stand au Eastern Market de Washington, n'a d'ailleurs pas vendu ses 600 dindes habituelles. Mais 400 tout de même, ce qui reste un joli score.

Certains producteurs avaient d'ailleurs pris les devants. A quelques kilomètres, dans le Maryland, Michael Klein a eu une formidable intuition : ce fermier n'a élevé cette année que des femelles. "Elles grandissent plus lentement et elles pèsent moins lourds", se réjouit-il, alors que les repas sont beaucoup plus restreints cette année. Bilan, il a réussi à vendre 70 de ses 90 animaux. Il ne lui reste plus sur les bras que les gros mâles, qu'il congèlera pour lui plus tard. "De toute façon, les repas de famille, ça m'agace. C'est pas plus mal si on y échappe cette fois", philosophe-t-il.

Moins de convives à table

Mais après bientôt neuf mois de pandémie, les consignes de modération sont trop radicales pour beaucoup, qui s'apprêtent à retrouver leurs proches quand même, tout en limitant les convives. À l'image de Félicia Meier, qui habituellement invite 22 personnes chez elle, et n'en recevra finalement que 8 ce jeudi soir, par prudence. Cette mère de famille reste elle aussi fataliste et pointe les bons côtés de ce régime forcé : moins de dépenses et surtout moins de temps passé en cuisine, parfois durant plusieurs jours, pour réaliser un festin digne de ce nom. Pour ne rien rater du dîner un peu kitsch de maman, ses cinq enfants ont même passé un test Covid. Et ce n'est pas tout, deux d'entre eux, qui vivent à New-York, se sont carrément mis deux semaines en quarantaine !

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Justement, à New York comme dans de nombreuses métropoles américaines, les queues s'étiraient ces derniers jours devant les centres de tests, pleines de gens en quête d'un dépistage négatif pour retrouver leurs proches la conscience plus 

tranquille. Même si les responsables sanitaires soulignent qu'un test négatif quelques jours avant la fête n'élimine pas les risques de transmission. 

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