VIDÉO - "Ai-je réellement le choix ?" : le président malien démissionne sous la contrainte des militaires

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DÉPART - Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a annoncé dans la nuit de mardi à mercredi sa démission, expliquant n'avoir pas d'autre choix que de se soumettre à la volonté de son armée en révolte pour éviter que du sang ne soit versé.

Arrêté en fin d'après-midi et emmené dans le camp militaire d'où était partie une mutinerie en début de journée, le président malien Ibrahim Boubacar Keïta est apparu vers minuit sur la télévision publique ORTM. Portant un masque sur la bouche, "IBK" a annoncé sa démission à la tête du pays. Un poste qu'il occupait depuis septembre 2013.

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"Ma décision de quitter mes fonctions"

S'adressant d'une voix grave aux citoyens maliens et aux militaires de tout rang, il a déclaré avoir œuvré depuis son élection en 2013 à redresser le pays et à "donner corps et vie" à l'armée malienne, confrontée depuis des années aux violences djihadistes. Puis, il a évoqué les "manifestations diverses" qui depuis plusieurs mois ont réclamé son départ, faisant des victimes, estimant que "le pire en a résulté".

"Si aujourd'hui, il a plu à certains éléments de nos forces armées de conclure que cela devait se terminer par leur intervention, ai-je réellement le choix ? M'y soumettre, car je ne souhaite qu'aucun sang ne soit versé pour mon maintien aux affaires", a-t-il dit. "C'est pourquoi je voudrais en ce moment précis, tout en remerciant le peuple malien de son accompagnement au long de ces longues années et la chaleur de son affection, vous dire ma décision de quitter mes fonctions, toutes mes fonctions, à partir de ce moment (...) et avec toutes les conséquences de droit : la dissolution de l'assemblée nationale et celle du gouvernement". 

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La chute d'Ibrahim Boubacar Keïta, renversé par un coup d'Etat au Mali

Un long parcours politique

Âgé de 75 ans, Ibrahim Boubacar Keïta a donc été contraint de mettre un terme à six années passées à la plus haute fonction au Mali, alors qu'il venait d'être réélu pour un second mandat en 2018. Auparavant, il avait occupé le poste de Premier ministre pendant seize années (1994-2000) durant la présidence d'Alpha Oumar Konaré. Candidat à l'élection présidentielle en 2002, il n'avait pas réussi à se qualifier pour le second tour, arrivant en troisième position. Toutefois, sa coalition avait remporté les élections législatives organisées la même année, ce qui lui avait permis d'être élu président de l’Assemblée nationale. Une fonction occupée jusqu'en 2007. 

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