Covid-19 au Brésil : le variant provoque une hécatombe

Covid-19 au Brésil : le variant provoque une hécatombe

HORS DE CONTRÔLE - Le Brésil a connu en mars son mois le plus meurtrier depuis le début de la pandémie, avec plus de 66.000 morts. À São Paulo, les hôpitaux sont au bord de la rupture et des malades priés de rester chez eux.

Le mois de mars a été de loin le pire pour le Brésil, aux prises avec une épidémie de coronavirus incontrôlable qui a fait exploser tous les compteurs : plus de 66.000 morts, ce qui est deux fois plus que le pire mois jusqu'à présent enregistré, celui de juillet 2020, selon les données publiées mercredi soir par le ministère de la Santé. "Nous n'avons jamais vu dans l'Histoire du Brésil un seul événement tuer autant de gens en 30 jours", a déclaré le Dr Miguel Nicolelis, coordinateur du Comité scientifique formé par les États du Nord-est du Brésil contre la pandémie. Pour lui, "il est très possible que le Brésil atteigne le demi-million de morts d'ici à juillet"

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Fait très inquiétant lui aussi, la semaine du 21 au 27 mars a été celle avec le plus de contaminations enregistrées (près de 540.000), ce qui augure de nouveaux records d'afflux de patients en soins intensifs et de morts dans deux semaines dans ce pays de 212 millions d'habitants. Et ce, alors que les hôpitaux brésiliens sont déjà quasi saturés : dans 18 des 27 États brésiliens, 90% des lits en soins intensifs réservés au Covid sont occupés, dans sept autres le taux est de 84% à 89%, d'après le dernier bulletin de la Fondation Fiocruz. 

La réanimation sur liste d'attente

Mais à São Paulo, par exemple, la crise semble invisible, car les malades sont priés de rester chez eux en attendant qu'un lit se libère. Ils seraient 1.500 sur liste d'attente aujourd'hui. Pendant ce temps, à la périphérie de la ville, des hôpitaux de campagne créés il y a un an ont rouvert, notamment dans la zone la plus pauvre de l'agglomération qui accueille 38 lits. Ici les patients intubés et ventilés peuvent être stabilisés, mais les soignants ne disposent pas du matériel complet de réanimation, face au variant brésilien omniprésent et particulièrement agressif. 

"Les cas s'aggravent très vite, y compris chez les jeunes, c'est énorme. Vous pensez que tout va bien, qu'il est stabilisé et tout à coup, il décède. On fait tout ce qu'on peut, mais ça s'aggrave très vite… Et le délai d'attente pour un transfert en réanimation est de 7 à 14 jours !", explique Evelin Bavaro, cadre de santé à l'hôpital public. Dans cet hôpital de fortune, sept patients sont décédés le week-end dernier. Et dans la cour, les infirmiers n'ont qu'une seule crainte, que les réserves d'oxygène viennent à manquer. "On est inquiets, dans toute la région, et particulièrement ici, dans notre hôpital", confirme Angelo Maciel.

Seule 8% de la population vaccinée

Les États, notamment São Paulo et Rio de Janeiro, ont bien adopté ces dernières semaines des mesures de restrictions partielles de l'activité et des mouvements de population. Mais les effets de ces mesures, par ailleurs jugées insuffisantes par les médecins et très difficilement respectées, notamment dans les favelas, mettront du temps avant de se faire sentir.

Quant à la campagne nationale de vaccination lancée mi-janvier, elle avance trop lentement pour avoir un effet notable avant de longues semaines, voire des mois. À ce jour, environ 8% de la population brésilienne a reçu une première dose de vaccin et seulement 2,3% la seconde. Enfin, l'approche de l'hiver austral renforce les inquiétudes, avec la recrudescence des maladies respiratoires, surtout dans le Sud et le Sud-Est du Brésil, plus froids. 

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En attendant aux portes de la ville, le balai des pelleteuses ne cesse d'agrandir les cimetières. Avec jusqu'à 400 enterrements par jour. Aujourd'hui dans le monde, un mort du Covid sur quatre est brésilien.

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