Pourquoi l'Italie échappe-t-elle à la deuxième vague ?

Pourquoi l'Italie échappe-t-elle à la deuxième vague ?
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HYPERVIGILANCE - L'Italie, durement frappée au printemps par l'épidémie de coronavirus, fait aujourd'hui figure d'exception avec un nombre limité de nouveaux cas. Il faut dire que la population, traumatisée, se plie à des mesures bien plus drastiques que chez nous.

Alors que la France a enregistré jeudi un nombre record de 16.096 nouveaux cas de Covid-19 en 24 heures, et encore plus de 14.000 ce samedi, le nombre de contagions quotidiennes en Italie, qui réalise plus de 120.000 tests par jour (contre 180.000 en France), reste depuis des semaines sous la barre des 2.000. 

Ainsi, dans le service des maladies infectieuses de l'hôpital Tor Vergata à Rome, il n'y a pas d'affluence particulière. Des cas de Covid continuent d'arriver chaque jour mais l'établissement de santé n'est pas débordé. Sur les quinze derniers jours, le pays n'a enregistré en moyenne que 35 cas pour 100.000 habitants, contre 213 en France et 320 en Espagne. 

Alors, comment expliquer cette spécificité italienne ? Le pays résiste-t-il mieux à la deuxième vague parce que la première a été très meurtrière et a marqué les esprits ? 

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50.000 contrôles de police

Le professeur Massimo Andreoni, infectiologue de renom dans cet hôpital romain, met en avant "plusieurs raisons". "L'épidémie a frappé en premier l'Italie par rapport au reste de l'Europe, donc le pays a été très sensibilisé à ce problème, très vite, et a mis en place immédiatement un plan de confinement très sévère. L'Italie a été le premier pays européen à mettre en œuvre une fermeture totale qui a duré plusieurs semaines", souligne-t-il. 

Et beaucoup de ces mesures sont toujours appliquées. Le port du masque est encore obligatoire dans de nombreuses villes. Plus de 50.000 contrôles de police ont eu lieu cet été. "Ici, les gens portent le masque. La police y veille, c'est important", constate Benny Boas, un touriste new-yorkais. 

Un traçage efficace

Par ailleurs, le déconfinement a été très progressif. Les restaurants ont rouvert, mais avec des règles sanitaires très strictes. "On contrôle la température de tous les clients à leur arrivée. Ils doivent aussi se désinfecter les mains, et chaque client doit remplir un formulaire avec son nom et ses coordonnées pour être recontacté en cas de besoin", détaille ainsi Giacomo Rech, propriétaire de Green Tea, un restaurant de cuisine chinoise en plein centre de Rome.

Et ce traçage s'avère efficace. Plus des deux tiers des Italiens testés positifs ces dernières semaines étaient des cas contacts. De plus, les autorités sont très réactives. Les bars et discothèques ont été refermés début août, dès les premiers signes de reprise de l'épidémie. Tandis que l'état d'urgence a été prolongé jusqu'à fin octobre. 

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Cette politique jusqu'ici couronnée de succès a d'ailleurs valu vendredi à l'Italie un coup de chapeau de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) : "Le gouvernement et la société, à tous les niveaux, ont réagi avec force et inversé la tendance avec une série de mesures fondées sur la science", a salué l'OMS dans un post sur Twitter, aussitôt retweeté par le Premier ministre Giuseppe Conte.

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