Covid-19 : en Inde, l'épidémie de "champignon noir" bat tous les records

En Inde, la situation sanitaire s'améliore doucement avec des contaminations en baisse. Mais face à la fragilité des systèmes de santé, les Indiens se ruent dans les centres de vaccination. Il manque pourtant cruellement de doses.

INQUIÉTUDES - Plus de 45.000 cas de "champignon noir" ont été enregistrés en Inde au cours des deux derniers mois. Cette infection fongique, qui se répand parmi les patients qui ont été atteints du Covid-19, a déjà fait plus de 4200 victimes dans le pays.

Un véritable cauchemar. Déjà ravagée par le Covid-19, l'Inde doit en plus faire face à une seconde épidémie : la mucormycose. Cette infection fongique très létale, plus couramment appelée "champignon noir", se répand à une vitesse effrayante parmi les malades du coronavirus. Mardi, devant le Parlement le ministre de la Santé adjoint, Bharati Pravin Pawar a annoncé que 4200 patients étaient déjà morts de cette pathologie rare et agressive, dont le taux de mortalité est évalué à 50 %. S'attaquant au visage des patients, cette infection oblige les chirurgiens à procéder à l’ablation des yeux, du nez et de la mâchoire pour éviter que le cerveau ne soit affecté. 

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Un bilan certainement sous-évalué

Dans un pays au système hospitalier déjà débordé et au bord de la rupture, ce fléau ne cesse de gagner en intensité. Il touche tout le monde, y compris les jeunes. Selon les données des autorités sanitaires locales, le nombre d’infections aurait connu un pic en mai et en juin avant de décroître d’une manière significative. Le bilan humain - et la maladie de manière générale - n'en demeurent pas moins très difficiles à appréhender. "Les contaminations et les décès liés à la mucormycose sont largement sous-évalués dans notre pays", a d'ailleurs déclaré à la BBC le Dr Raghuraj Hegde, un chirurgien de l’œil basé à Bangalore (capitale de l’État de Karnatakasud). "Les décès se produisent plusieurs semaines ou mois après avoir contracté le Covid-19. Notre système actuel ne permet pas de collecter ces données", précise le médecin. 

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L'Inde n'enregistrait qu'une vingtaine de cas de mucormycose par an avant la pandémie de Covid-19, cette maladie affectant notamment les personnes immunodéprimées, présentant un taux de sucre dans le sang trop élevé, atteintes du SIDA ou ayant subi des greffes d'organes. Pour une majorité d'experts, l'explosion spectaculaire de cette maladie s'explique par un usage excessif de stéroïdes pour soigner les malades du Covid-19. "Le diabète abaisse les défenses immunitaires du corps, le coronavirus les exacerbe, puis les stéroïdes qui aident à combattre le Covid-19 agissent comme un carburant pour le feu", confirme le Dr Akshay Nair, chirurgien ophtalmologique à Bombay, auprès de la BBC.

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