Covid-19 : pourquoi les Pays-Bas ont abandonné le port du masque obligatoire

Covid-19 : pourquoi les Pays-Bas ont abandonné le port du masque obligatoire
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PROTOCOLE SANITAIRE - Pour faire face au Covid-19, les autorités néerlandaises ne recommandent plus que la distanciation physique. Le port du masque n'est désormais obligatoire que dans les transports en commun.

C'est ce qui s'appelle évoluer à contre-courant. Tandis que le port du masque obligatoire se généralise un peu partout en Europe, voire dans le monde, les Pays-Bas font volte-face en renonçant, début septembre, à cette mesure sanitaire, expérimentée durant le mois d'août. Le gouvernement joue ainsi la carte de la liberté : le masque n'est désormais obligatoire que dans les transports en commun, mais plus nulle part ailleurs, y compris dans les rues les plus fréquentées.

"Personne n'a à nous dicter ce qu'on doit faire"

Comment l'expliquer ? "Ce n'est pas bon pour les affaires, personne ne va faire des courses s'il doit porter un masque", argue une fleuriste d'Amsterdam. "Nous sommes néerlandais, personne n'a à nous dicter ce qu'on doit faire, ajoute, dans un sourire, un autre habitant de la capitale. Ici, c'est le gouvernement qui nous écoute. Et nous, on lui répond avec le sens des responsabilités." Une dernière explication qui peut paraître bancale, vue de France, et pourtant...

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Pourtant, le débat sur le port du masque existe aux Pays-Bas depuis de longues semaines. Les médias s'en sont emparés dès la fin juillet et, avant même son expérimentation, le quotidien de Volkskrant décrivait ainsi ce qu'il convient de considérer comme une spécificité culturelle : "Si le masque en tissu était un médicament, il ne serait vraisemblablement pas autorisé sur le marché néerlandais. Les autorités de régulation diraient sans doute : faites d’abord une enquête plus approfondie pour voir si cela fonctionne vraiment, et si cela ne comporte pas d’effets secondaires qui aggraveraient la situation."

Une indiscipline certaine

Ce qui explique pourquoi le port du masque obligatoire a d'abord été considéré comme une expérience aux Pays-Bas, menée juste dans certains quartiers des grandes villes, sous l'oeil attentif de caméras de vidéo-surveillance. Marie Rosenkrantz Lindegaard est une des chercheuses qui a analysé les images de milliers de visages dans ce cadre. Elle indique à TF1 : "Avant que l'expérience démarre, seulement 5% des personnes portaient le masque. Quand on a démarré, on est passé à 55%. Et à la fin on était à 75%. Eh bien 30% des personnes ne portaient pas bien le masque. Ils ne couvraient pas le nez ou la bouche."

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C'est donc ce constat, d'une indiscipline certaine, qui a conduit les autorités à faire marche-arrière, considérant que subir les inconvénients du masque obligatoire n'offrait pas assez d'avantages en contre-partie. Surtout face à une population très peu réceptive à la mesure... "Ici, nous sommes plutôt relax, si on compare à la France", rigole ainsi une Amsteldamoise. Il n'empêche : depuis début septembre, les cas de contamination au Covid-19 ont augmenté de 85% aux Pays-Bas, atteignant le nombre record de 8.600 nouveaux cas ces sept derniers jours.

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