Nouvelle souche du virus : Londres en quarantaine

Nouvelle souche du virus : Londres en quarantaine

PEUR SUR LA VILLE - Faut-il s'inquiéter de la mutation du coronavirus au Royaume-Uni, où il semble désormais être plus contagieux ? Les autorités ont décidé de reconfiner Londres et le sud-Est de l'Angleterre. Et par précaution, plusieurs pays européens, dont la France, ont fermé leurs frontières aux Britanniques.

La Grande-Bretagne se retrouve placée en quarantaine après la découverte d'un nouveau variant du coronavirus. Même s'il est toujours possible de s'y rendre, le port anglais de Douvres a fermé ce dimanche soir le trafic sortant. Côté aérien, dès samedi, les Pays-Bas savaient suspendu leurs vols en provenance de l'Angleterre, suivis par la Belgique et l'Italie ce dimanche matin. Pour l'Allemagne et la France, où la mesure concerne tous les déplacements de personnes, "y compris liés aux transports de marchandises, par voie routière, aérienne, maritime ou ferroviaire, en provenance du Royaume-Uni", c'est effectif depuis ce dimanche à minuit et pour 48H. 

Le Premier ministre britannique Boris Johnson va présider lundi une réunion de crise consacrée aux approvisionnements du Royaume-Uni après ces différentes annonces. Par ailleurs, "une réunion européenne aura lieu lundi matin pour bâtir un protocole sanitaire afin de permettre aux ressortissants français de rentrer dans l'Hexagone. Il s'appuiera notamment sur la présentation obligatoire d'un test PCR", a indiqué le ministre des Transports Jean-Baptiste Djebbari.

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Quitter Londres

La nouvelle souche est "hors de contrôle", a reconnu dimanche le ministre britannique de la Santé, Matt Hancock, justifiant ainsi un reconfinement de Londres et d'une partie de l'Angleterre. Ce dimanche soir, gare du Nord, à Paris, c'était le soulagement pour les voyageurs ayant pu rejoindre à temps la capitale. Tandis que de l'autre côté de la Manche, ce reconfinement annoncé a fait souffler un vent d'incertitude. Ainsi, aux abords de la gare de Saint-Pancras, ils ont été nombreux, dès samedi soir, à faire le choix de partir quelques heures avant cette mise sous cloche. L'objectif étant de ne pas passer les fêtes loin des leurs.

Ce dimanche matin, la capitale britannique s'est réveillée comme figée dans le silence, et les habitants vont désormais devoir revoir leurs plans pour célébrer Noël. "On ne va plus pouvoir se réunir avec ma famille. Je serai seul avec ma femme et mes enfants. C'est vraiment triste pour mes parents qui ne profiteront pas de leurs petits-enfants", raconte ainsi un chauffeur de taxi. Quant au prestigieux magasin Harrod's, il est fermé jusqu'au 1er janvier au moins. Une décision très difficile pour ses 3.500 salariés qui sont au chômage technique. D'autant plus rude que Boris Johnson n'a pas précisé quand se terminera ce nouveau confinement.

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Londres, une capitale à l'arrêt

Une menace pour le vaccin ?

Outre "des signes préliminaires selon lesquels la variante pourrait être plus contagieuse", la nouvelle souche britannique "pourrait aussi affecter l'efficacité de certaines méthodes de diagnostic", a alerté l'Organisation mondiale de la Santé. Détecté une première fois en septembre parmi des milliers d'autres mutations, elle a refait surface il y a quelques jours en infectant cette fois plus de 1000 personnes dans le sud est de l'Angleterre, d'où l'alerte du gouvernement britannique. Il n'y a en revanche pour le moment "aucune preuve d'un changement de la gravité de la maladie".

Ce n'est pas la première mutation découverte par les scientifiques, qui scrutent en permanence dans le monde entier le virus et partagent leurs données sur un site en ligne. En février, ils avaient identifié une variation qui circule aujourd'hui majoritairement. Plus récemment, une autre mutation étaient apparue dans des élevages de visons. Toutes ces modifications se situent sur les picots du virus appelés "protéines Spike". Ce sont elles qui s'accrochent aux cellules humaines pour les infecter. 

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Ces mutations pourraient-elles toutefois faire peser une menace sur le vaccin ? Pour Vincent Enouf, de l'Institut Pasteur, "le vaccin permet de créer des anticorps qui vont être fabriqués contre une panoplie de protéines du virus, et donc même s'il y a une mutation, donc une petite modification dans une protéine, les autres anticorps pourront neutraliser le virus", explique-t-il.

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