Passeport vaccinal : l’exemple de l’Estonie, le pays à la pointe

Passeport vaccinal : l’exemple de l’Estonie, le pays à la pointe

REPORTAGE - L'Estonie, pays du tout numérique, mène en partenariat avec l'OMS des tests visant à développer des passeports vaccinaux. Sur place, l'idée est plutôt bien accueillie par la population.

L'Estonie à l'avant-garde du passeport vaccinal. Le pays d'1,3 million d'habitants travaille actuellement en partenariat avec l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur l'élaboration d'un certificat électronique de vaccination contre le Covid-19. Ce "passeport vaccinal ", comme on l’appelle communément, serait destiné dans un premier temps aux voyages à l'étranger. "Quand la personne arrivera à la frontière, elle montrera d'abord son passeport afin de prouver son identité. Puis elle présentera son téléphone pour montrer son certificat attestant qu'elle a bien été vaccinée", explique Sten-EriK Mägus, qui dirige le projet Vaccine Guard au sein de l’entreprise estonienne Guardtime, dans le reportage de TF1 en tête de cet article. Grâce à ce document, les voyageurs pourraient être exemptés de quarantaine. 

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À terme, celui-ci pourrait également servir à accéder à des évènements sportifs ou culturels, voire à des restaurants. Autre inquiétude soulevée par ce passeport vaccinal, l'utilisation des données de santé. Elles pourraient être transmises aux autorités pour des statistiques de santé publique ainsi qu'aux entreprises qui produisent les vaccins. Le laboratoire suédo-britannique AstraZeneca a déjà signé un partenariat avec l’entreprise estonienne Guardtime. Mais cette dernière assure que les données seront sécurisées. "L’accès à ces informations sera réservé au laboratoire qui produit le vaccin et les données seront anonymisées", explique Ain Aaviksoo, directeur médical de Guardtime.

Reste que pour mettre en place un tel dispositif, il faudrait que tous les pays du monde coopèrent. Ce qui est loin d’être gagné, si l'on en croit les spécialistes de la question. "Chaque pays a sa propre bureaucratie. Créer des connexions et partager des données entre gouvernement va prendre du temps", estime Marten Kaevats, conseiller auprès du gouvernement estonien pour le numérique et en technologies de santé auprès l'OMS. Mais ce n'est pas un hasard si cette technologie est développée en Estonie.

Il est encore trop tôt selon l'OMS

Au royaume du tout-numérique, la population se dit plutôt favorable à son instauration "Je suis tombé malade en janvier. Dès que le vaccin sera disponible, je me ferai vacciner pour avoir enfin le passeport", confie une habitante de Tallinn. "Ça montre seulement que je suis vacciné. Quel mal cela peut-il faire à mes données personnelles ?", abonde une autre. "Pour voyager, je comprends. Mais pour le reste, comme aller au restaurant, c'est excessif", estime toutefois un père de famille.

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L'OMS estime pour sa part qu'il est encore trop tôt pour utiliser ce type de passeport, d'autant qu'on ne connaît pas encore la durée d'efficacité des vaccins ni leurs effets sur la transmission du virus. Pourtant, certains pays ont déjà sauté le pas. Les gouvernements danois et suédois ont déjà annoncé tous deux qu'ils travaillaient au développement de certificats électroniques destinés à voyager voire à d’autres usages, comme l’accès aux restaurants pour ce qui est du cas danois.

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