VIDÉO - Crise avec la Corée du Nord : ces pays qui possèdent l'arme nucléaire... et ceux qui en rêvent

DÉCRYPTAGE - Tous les regards sont tournés vers la Corée du Nord, où Kim Jong-un, qui vient de mener mercredi un nouveau test de missile intercontinental, poursuit sans relâche une campagne pour faire de son pays une puissance nucléaire. Et rejoindre ainsi la liste de cette poignée de nations disposant de "la mère de toutes les bombes".

Intimidation, assurance-risque ou réel danger ? En procédant, mercredi 29 novembre, à un nouveau tir de missile balistique intercontinental (ICBM), la Corée du Nord semble se rapprocher un peu plus de l’objectif qu’elle s’était elle-même fixé à la fin des années 1970 : se doter de l’arme atomique. Près de trois mois après son sixième essai nucléaire, considéré comme le plus puissant jamais mené, Kim Jong-un a souligné que son pays était devenu un Etat nucléaire à part entière. Une prouesse technologique qui, si elle est avérée, permet à Kim Jong-un de rejoindre le club des chefs d'Etat possédant la "mère de toutes les bombes". Un club plus ou moins officiel.

Ceux qui possèdent officiellement l'arme nucléaire

Le cercle est très fermé, puisqu’il compte seulement cinq puissances nucléaires "officielles". A savoir des puissances reconnues par le TNP, le traité de non-prolifération conclu en 1968 : les Etats-Unis (qui possèdent l'arme depuis 1944), la Russie (depuis 1949), le Royaume-Uni (depuis 1952), la France (depuis 1960) et la Chine (depuis 1964). Trois conditions permettent d'établir qu'un pays possède l'arme nucléaire : soit il a réalisé un essai nucléaire, soit il a fabriqué un engin expérimental, soit il a assez de matière fissile pour fabriquer au moins une arme.


Au total, neuf pays disposent d'un peu plus de 15.000 têtes nucléaires. Un chiffre considérable qui masque de grandes inégalités : début 2016, la Russie était dotée d'environ 7.290 têtes nucléaires, les États-Unis de quelque 7.000. Soit 93% de l'armement atomique planétaire estimé sur Terre, détenu par deux nations. Venaient ensuite la France (300), la Chine (260), le Royaume-Uni (215), selon les chiffres annuels de l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri).


Début 2015, le nombre de têtes nucléaires recensées dans le monde était de 15.850. Un chiffre qui a diminué au fil des mois d'environ 500 têtes. Ce déclin est dû avant tout aux réductions effectuées dans les arsenaux russes et américains. Ces réductions résultent de trois traités signés depuis 1991, ainsi que de décisions unilatérales des deux superpuissances nucléaires mondiales. Seulement voilà : c'était sans compter l'appétit nucléaire d'une poignée de nations, qui se livrent à une course frénétique en la matière.

Ceux qui possèdent officieusement l'arme

Aux cinq nations "historiques" se sont en effet greffés au fil des ans d'autres pays. Le Sipri estime ainsi que Pyongyang disposerait d'une dizaine de têtes nucléaires. A noter que, outre la Corée du Nord, deux pays frontaliers et rivaux augmentent leurs capacités : d'un côté l'Inde, qui muscle sa force de frappe intercontinentale et accélère sa production de plutonium, de l'autre le Pakistan, qui cherche à contrecarrer la supériorité des forces conventionnelles de l'Inde. "L'arsenal nucléaire pakistanais pourrait augmenter de façon significative au cours de la prochaine décennie", prévient le Sipri. Le Pakistan, dont le programme nucléaire serait lié à celui de la Corée du Nord, a effectué six essais nucléaires au total. Le Pakistan posséderait entre 110 et130 têtes nucléaires, l'Inde entre 100 et 120.

Autre cas : celui d'Israël, qui disposerait de 80 têtes nucléaires. Un chiffre à prendre avec des pincettes, car le pays maintient l’ambiguïté sur ses armes nucléaires. En outre, refusant de signer le traité de non-prolifération nucléaire, le pays n’est pas soumis aux contrôles de l’Agence internationale de l’énergie atomique.

Ceux qui sont soupçonnés de développer un programme nucléaire

L'Iran qui, en 2015, a signé un accord sur son nucléaire. Le fruit de douze ans de négociations, durant lesquels le programme de Téhéran a été l'objet de toutes les craintes. Il repose sur trois piliers : une limitation du programme nucléaire iranien pendant au moins une décennie, une levée des sanctions internationales contre l’Iran et un renforcement des contrôles. Les accords sont censés empêcher la construction d’une bombe nucléaire iranienne, mais rien n’indique que les dirigeants iraniens – actuels ou futurs – ne relancent pas, en secret, un programme militaire.


De son coté, l'Arabie Saoudite aurait également des velléités nucléaires, notamment pour contrebalancer l'arsenal israélien. D’autres pays, comme l’Irak de Saddam Hussein et plus récemment la Syrie, ont par ailleurs mené des travaux nucléaires. Preuve que la course à l'armement nucléaire se joue entre une poignée d'acteurs : une filière nord-coréenne a d'ailleurs été découverte en Syrie, avant d'être détruite par l'aviation israélienne, en septembre 2007.

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