Crise du Covid-19 : au Royaume-Uni, les "emplois jeunes" 100% financés par l'Etat

La Grande-Bretagne va plus loin sur l'aide à l'embauche des jeunes. Là-bas, l'État paie directement une partie du salaire. Nous vous montrons comment ça fonctionne.
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EMPLOI - Au Royaume-Uni, le gouvernement de Boris Johnson a mis en place un mécanisme pour subventionner à 100% des contrats de six mois sur des emplois qualifiés pour les 16-24 ans inscrits au chômage.

Ils roulent à droite, payent en livres sterling, préfèrent le thé au café et la bière au vin... C'est la fameuse singularité britannique qui, vue de notre côté de la Manche, laisse parfois circonspect. Ce sont surtout des clichés, à la vie dure, qui doivent être nuancés. Car tout, bien sûr, n'est pas si saugrenu au Royaume-Uni. En témoigne le dispositif audacieux annoncé par le gouvernement de Boris Johnson pour répondre à la crise de l'emploi, consécutive à celle du Covid-19, en particulier chez les plus jeunes.

40% des jeunes au Royaume-Uni se trouveraient actuellement sans emploi

Incluse dans une série de mesures à 25 milliards de livres (environ 27,6 milliards d'euros), une enveloppe de 2 milliards a été consacrée à cette cause. Concrètement, à compter du mois d'août, l'Etat subventionnera à 100%, à hauteur du salaire minimum (environ 1000 euros brut mensuels) et à raison de 25 heures par semaine, des contrats de six mois pour les 16-24 ans inscrits au chômage et à faibles revenus. Charge ensuite aux entreprises de compléter, ou pas, les rémunérations de ces nouveaux "emplois jeunes".

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Pourquoi un tel effort financier ? Parce que les jeunes "sont souvent les plus durement frappés par les crises, mais ils sont encore plus vulnérables cette fois-ci, vu qu'ils travaillent dans de fortes proportions dans les secteurs les plus frappés par la pandémie", tels la restauration ou la distribution, a fait valoir Rishi Sunak, ministre des Finances britannique, devant le Parlement. Ainsi, ce sont environ 300.000 jeunes qui pourraient être aidés, en recevant 5.500 livres sur six mois en moyenne.

Boris Johnson veut aussi tripler l'apprentissage

Même deux semaines avant son entrée en vigueur effective, le dispositif porterait déjà quelques fruits. Rachel Pam, qui avait créé son entreprise de restauration, "Raw La La", juste avant le confinement, confie en effet à TF1 dans le reportage en tête de cet article : "Grâce à ça, je vais pouvoir embaucher une jeune salariée et développer mon activité en ligne. J'étais supposée l'employer à mi-temps mais finalement, je vais pouvoir l'embaucher à plein temps. Alors oui, ça va nous aider, à condition que les clients reviennent."

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Ce n'est pas tout : le plan lancé par le gouvernement britannique vise aussi à tripler l'apprentissage, via une prime de 2.200 euros pour l'employeur, qui s'ajoute aux 1.100 euros déjà existants. "Cette mesure, c'est très important, parce que ça vous donne l'assurance que vous ferez votre formation jusqu'au bout, quoi qu'il arrive. C'est très dur de trouver un emploi ici. La plupart de mes amis sont au chômage", témoigne pour TF1 une apprentie de 17 ans, travaillant actuellement dans une garderie. 

Près de 40% des jeunes au Royaume-Uni se trouveraient actuellement sans emploi. Du jamais-vu depuis trente ans. Sans compter les milliers d'étudiants, âgés entre 18 et 19 ans, qui s'apprêtent à arriver, sans grande qualification, sur un marché de l'emploi déjà saturé. Une autre aide financière du gouvernement est prévue pour eux, afin de les inciter à étudier une année de plus. De l'autre côté de la Manche, Emmanuel Macron a annoncé, ce mercredi 22 juillet, que l'aide,qui consiste à une exonération des cotisations sociales pour les entreprises de 4.000 euros à l'embauche d'un jeune à la rentrée sera finalement portée jusqu'à un salaire de deux Smic.

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