VIDÉO - Crise au Liban : des trésors archéologiques laissés à l'abandon

VIDÉO - Crise au Liban : des trésors archéologiques laissés à l'abandon

JOYAUX OUBLIÉS - Les sites archéologiques libanais, témoins de la riche histoire de la région, sont loin d’être la priorité de l’État, alors que le naufrage économique et politique du pays se poursuit. Des ruines gréco-romaines exceptionnelles sont laissées à l'abandon.

Au fond des vallées libanaises de la Bekaa, dans l’est du pays, au détour d’un petit village, peut se cacher un trésor gréco-romain. Dans le reportage en en-tête, un couple se prête à l’exercice de la séance photo quelques heures avant sa cérémonie de mariage devant des ruines magistrales. Ils font partie des rares visiteurs à fouler le site, trois en moyenne chaque jour malgré la beauté des constructions. 

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Le lieu ne bénéficie d'aucune aide de l'État libanais, en faillite et englué dans une crise économique historique. Et ce, alors même que son budget de fonctionnement annuel est faible, à savoir pas plus de l'équivalent de 1000 ou 1500 euros selon Raffi Gergian, directeur régional des sites archéologiques de la plaine de la Bekaa. Mais faute de subvention, ses équipes sont obligées de "travailler manuellement", notamment pour désherber les allées.

Selon l’Unesco, le Liban compte pourtant près de 250 sites archéologiques. Le directeur général, lui, gère au total une cinquantaine de temples, nichés dans des lieux très reculés, et parfois même non répertoriés. 

Même les sites classés à l'Unesco sont confrontés à une pénurie de ressources

La plaine de la Bekaa en particulier regorge des merveilles millénaires, et constitue l'une des concentrations les plus spectaculaires de la Méditerranée. Dans un hameau, au fond d’une cour intérieure, se détache par exemple un temple du IIe siècle avant Jésus-Christ, à l’architecture à la croisée des styles romain et byzantin et qui traverse ces dernières décennies sans aucune mesure de préservation.

Dans ce pays en banqueroute, même les sites les plus connus souffrent d'un manque de moyens. Parmi eux les ruines de Baalbek, symboles de l’apogée de l’architecture romaine impériale, classées au patrimoine mondial de l’Unesco, aux côtés de sites de Byblos, d’Anjar et de Tyre. Ces temples, appuyés sur des colonnes colossales surmontées de chapiteaux et de corniches finement sculptées, ont été bâtis pendant plus de 200 ans. 

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Alors que le pays s’enfonce dans une crise profonde, à la fois financière, politique et sociale, les touristes ont déserté ces sites pourtant millénaires. "C’est vraiment étrange d’être un touriste en ce moment ici, mais j’espère que bientôt, tout le monde reviendra", glisse l’un d’eux.

Sous terre, le site regorge aussi de secrets, mais d’importants moyens sont nécessaires pour mener des fouilles. Des fonds que l’État libanais est incapable de débloquer, si bien que ce sont des archéologues allemands qui viennent prêter main forte pour dénicher quelques trésors - comme un morceau de jarre, filmée par les caméras de TF1. "C’est bien plus précieux qu’une pièce d’or", se félicite Margareta Van Hees, cheffe de la mission. 

La crise économique, terreau fertile des trafics d'antiquités

En parallèle, les vols et trafics d’antiquités prospèrent, profitant de l’effondrement du pays. "Ces objets disparaissent en traversant les frontières, poursuit l’archéologue. Pour les trafiquants, ces frontières sont l’objectif ultime : dès que vous avez réussi à faire passer un objet de l’autre côté, cela devient difficile de prouver son origine."

Le site est d’ailleurs situé à quelques centaines de kilomètres de la Syrie, où les trafics en tous genres sont légion. "Quand on est sur site, il y a des gens qui vont profiter de notre présence pour faire des fouilles clandestines, explique Raffi Gergian. Ce n’est pas simple de faire une fouille au-delà d’un ou deux mètres, cela exige un équipement de protection." Parmi ces trafiquants se glisseraient donc des professionnels, rodés à l’exercice, laisse entendre le gestionnaire de sites. 

Ces trafiquants tirent profit du chaos dans lequel le pays est plongé depuis plusieurs mois. Selon la Banque mondiale, le Liban traverse l’une des pires crises de l’histoire du monde depuis 1850, contraint à de nombreux rationnements, notamment de courant, tandis que la monnaie locale poursuit une dévaluation vertigineuse et que les prix des biens essentiels flambent. Trois Libanais sur quatre vivent désormais sous le seuil de pauvreté, alerte l’ONU. 

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