VIDÉO - Des armes en kit ou fabriquées avec des imprimantes 3D : un phénomène inquiétant aux États-Unis

Etats-Unis : en 3D ou en kit, le nouveau fléau des armes "fantômes" mais légales

INQUIÉTANT - Aux États-Unis, il est possible d'être mineur et de se procurer une arme à feu sur Internet, la faute à une faille juridique : il suffit de l'acheter en kit ou de l'imprimer soi-même en 3D.

En Floride, Matthew et Tony s'adonnent à une "drôle" de passion : l'impression en 3D ou l'assemblage d'armes en kit. Un procédé tout à fait légal. Toujours est-il qu'un drame survenu dans une école californienne à l'automne dernier a poussé les autorités à se pencher sur la question, en vue d'une éventuelle régulation. 

En octobre dernier, dans la ville de Santa-Clarita, en Californie, Nathan Berhow a tué deux camarades de lycée. Âgé de 16 ans, il avait commandé son arme en kit sur Internet, avant de la monter dans sa chambre. Des armes, sans numéro de série, souvent appelées "armes fantômes", qui sont quasi intraçables et échappent à toute réglementation. 

Un contournement de la législation

Comment est-ce possible ? Aux États-Unis, le seul élément des armes à feu vraiment régulé est la carcasse de l'arme, sur laquelle on inscrit un numéro de série. Cette pièce est la seule soumise aux vérifications d'antécédents et à laquelle les lois fédérales imposent un numéro de série. On peut donc acheter les pièces détachées et la carcasse de l'arme à part. 

"Il reste quelques trous à percer dans la carcasse", indiquait à l'AFP, David Pucino du Giffords Law Center, une ONG au nom de Gabby Giffords, une ancienne élue grièvement blessée par balle en 2011. Une faille juridique en somme : car si les trous avaient été percés, l'arme aurait légalement dû porter un numéro de série et être liée à des vérifications d'antécédents de l'acheteur. Même chose pour l'impression en 3D, les cadres d'armes à feu fabriqués par une imprimante en peuvent donc être adaptés à des pièces détachées d'armes automatiques et contourner ainsi la législation. 

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Des centaines de milliers d'armes de ce type dans la nature

Selon les derniers chiffres, plusieurs centaines de milliers d'armes de ce type seraient dans la nature, aux États-Unis. Les autorités américaines estiment que 30% des armes trouvées sur des lieux de crime en Californie et saisies n'ont pas de numéro de série et ne peuvent donc pas être liées à des crimes précédents. 

Alors les États se mobilisent : le New Jersey a par exemple interdit les pièces détachées d'armes privées de numéros de série et la Californie a adopté une loi qui entrera en vigueur en 2024 et qui interdit à tout fabricant d'arme licencié de les commercialiser. Ces mesures devraient limiter le nombre d'armes "fantômes", mais selon le Giffords Law Center, il faut une loi sur les numéros de série peut régler le problème.

En 2013, un activiste avait mis en ligne une vidéo d'assemblage et d'impression ainsi que les plans de montage du Liberator, le premier pistolet à imprimer en 3D. Ces plans ont été téléchargés 100 000 fois avant que le Département d'État américain n'ordonne la suppression des plans. Après de nombreux recours, la justice américaine vient seulement d'en interdire la diffusion mais ils demeurent toujours trouvables sur Internet. La fiabilité de ces armes laisse à désirer et sont donc peu utilisés aujourd'hui, par les criminels, selon les spécialistes. Ceux-ci se tournent plus volontiers vers les armes en kit, plus fiables et simples à assembler. 

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Si aux États-Unis, trouver les plans des armes en 3D sur Internet est d'une simplicité enfantine, en France, il est tout aussi possible de les trouver. L'interdiction du partage de ces plans par et sur Facebook n'y a rien fait. En juin dernier, un homme de 26 ans été jugé coupable d'avoir fabriqué une arme à feu avec une imprimante 3D par un tribunal londonien, une première selon la police. L'intéressé, qui n'a pas de permis de port d'arme, avait alors assuré qu'il imprimait un pistolet pour un projet universitaire, sans vouloir préciser, assurant ne pas savoir qu'une telle arme pouvait réellement tuer.

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