VIDÉO - Des hourras d'un côté, des pleurs de l'autre : en Argentine, le "Non" à l'avortement divise la population

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AVORTEMENT - Les sénateurs argentins ont rejeté le texte légalisant l'avortement ce jeudi. Les militants anti et pro IVG étaient réunis à Rio de Janeiro pour regarder les résultats en direct. L’annonce du vote a créé quelques débordements au sein des groupes et à diviser la population.

Des hurlements ont suivi l’annonce du vote. D’un côté des cris de joies, de l’autre des cris de colère. Après un débat au Sénat qui a duré seize heures, dans la nuit du 8 au 9 août, les représentants argentins ont voté contre un texte de loi légalisant l’avortement. Une décision qui divise la population.

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Les militants des deux bords étaient réunis à Buenos Aires pour suivre les débats sur des écrans géants. Devant le Parlement, la place était bleue et blanche. Les pro-avortements, vêtus aux couleurs de l’Argentine,  portait un foulard affichant leur slogan "Sauvons les deux vies". Lorsque les résultats sont tombés, des cris de joie ont retenti. Le bruit des feux d’artifices accompagnant le chant  " Vive la vie, l'avortement non". Constituée de famille et de membres du clergé, la foule a remercié les Sénateurs pour avoir suivi les recommandations du Pape. Ainsi, le souverain pontife, argentin d’origine, n’a cessé d’afficher clairement sa plus ferme opposition à cette loi. " Je suis submergée de joie. Je ressens de la joie pour mon Dieu" a témoigné Lyz Maria Mareco pour Reuters. Avant d’assurer que : " Je sais qu’il [Dieu] ne le permettrait pas, parce que c’est lui qui donne la vie, et c'est lui qui l'emporte."

L'exaspération des pro IVG

A quelques mètres, deux rangées de grilles avaient été hissées. Car de l’autre côté de la place du Congrès se trouvaient les militants pro IVG. L’ambiance y était clairement à l’opposée. Ce vote a fait l’effet d’une douche froide pour de nombreuses personnes. Ainsi, après la décision du 14 juin, au cours de laquelle le Parlement a voté une loi légalisant l'IVG, nombre d’entre elles espéraient que l’Argentine allait enfin donner le droit à l'avortement.  Espoirs déçus par un Sénat, où les hommes sont majoritaires. Du côté des femmes, 14 ont voté pour les deux camps. Mais du côté masculin, 24 étaient anti-avortement contre seulement 17 en faveur.

"Être si proche de la légalisation et qu'elle se dérobe, c'est rageant", a ainsi déclaré Mailen, une jeune manifestante, à l’AFP. Alors rapidement, le dépit et les pleurs ont laissé place à la colère. Habillés de vert, les militants ont provoqué quelques débordements, mettant feu à des palettes. Ils ont été dispersés par la police à coup de gaz lacrymogènes. Au moins sept d’entre eux ont été arrêtés très tôt dans la matinée, selon Reuters. 

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Région conservatrice et catholique

L’Argentine était sur le point de changer l’histoire de l’Amérique Latine.  Dans cette région, catholique et conservatrice, seulement deux pays ont accepté le recours libre à l’IVG. Partout ailleurs, l’avortement est pénalisé et possible uniquement dans certaines conditions très limitées, comme en cas de viol ou de mise en danger de la mère. Dans six pays, il est même totalement interdit, quel que soit le contexte. Alors, chaque année, environ 500.000 avortements sont pratiqués en Argentine dans la clandestinité, souvent dans des conditions d'hygiène déplorables.

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