VIDEO - Des rescapées de Boko Haram racontent leur calvaire

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NIGERIA - Selon un rapport de Human Rights Watch publié lundi, les otages féminines des islamistes de Boko Haram sont utilisées "en première ligne" lors des combats au Nigeria. Le document évoque les terribles séquelles physiques et psychologiques des femmes libérées. Trente adolescentes ont encore été enlevées ce week-end.

Le témoignage illustre toute la violence des prises d'otages de Boko Haram au Nigeria. Une femme, ex-otage du groupe islamiste, raconte avoir reçu, un jour, l'ordre d'égorger un homme capturé par l'organisation. "Je tremblais, horrifiée, et je n'ai pas pu le faire, dit-elle. La femme du chef du camp a alors pris le couteau et elle l'a tué."

L'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch a publié lundi un nouveau rapport sur la situation des otages de Boko Haram, alors qu'une trentaine d'adolescents ont été raflés ce week-end dans l'Etat de Borno, épicentre de l'insurrection islamiste. La semaine précédente, soixante jeunes filles et femmes avaient déjà été prises en otage.

"Ils m'ont traînée au sol"

Selon ce rapport qui compile plusieurs dizaines de témoignages, ces victimes sont utilisées "en première ligne" lors des combats menés par le groupe islamiste. Le document fait état des nombreuses séquelles physiques et psychologiques dont souffrent celles qui sont libérées.

"On m'a demandé de porter les munitions et de m'allonger dans l'herbe pendant qu'ils se battaient, raconte l'une d'elles. Ils venaient s'approvisionner en munitions, au cours de la journée, alors que les combats se poursuivaient. Quand les forces de sécurité sont arrivées sur place et qu'elles se sont mises à nous tirer dessus, je suis tombée par terre, de peur. Les insurgés m'ont alors trainée sur le sol, en s'enfuyant vers le camp."

Attentats suicides

Les enlèvements récents ont jeté de nouveaux doutes sur l'accord de cessez-le-feu que les autorités nigérianes ont annoncé avoir conclu , mi-octobre, avec Boko Haram, et qui prévoyait notamment la libération des 219 lycéennes enlevées à Chibok en avril et toujours aux mains des islamistes. 
 
Dans le rapport de HRW, une jeune fille de 19 ans retenue trois mois en otage par Boko Haram l'année dernière dit avoir été forcée de participer à des attaques islamistes. En juillet, une petite fille de 10 ans avait aussi été arrêtée dans l'Etat de Katsina, dans le nord-ouest du Nigeria, avec une ceinture d'explosifs autour de la taille. Selon HRW, plus de 500 femmes et jeunes filles ont été enlevées depuis le début de l'insurrection en 2009.

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