DOCUMENT EXCLUSIF TF1/LCI - Carlos Ghosn : "Je n’avais plus rien à perdre"

Document TF1/LCI : l'interview intégrale de Carlos Ghosn
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Carlos Ghosn : l’ex-patron de Renault rattrapé par les affaires

INTERVIEW - Dans la foulée de sa conférence de presse donnée ce mardi à Beyrouth, Carlos Ghosn a répondu en exclusivité aux questions de TF1/LCI. L'ancien patron de Renault-Nissan se félicite d'avoir fait le choix de fuir le Japon, se dit prêt à faire face à une justice "indépendante", et assure qu'il se battra pour rétablir sa "réputation".

Une semaine après sa fuite du Japon, Carlos Ghosn a fait sa première apparition publique ce mercredi 8 janvier. L'ancien patron de Renault-Nissan a donné une conférence de presse à Beyrouth - où il s'est réfugié - devant des dizaines de journalistes internationaux. Et dans la foulée, celui qui fait l'objet de quatre inculpations au Japon, a accordé un entretien exclusif à TF1 et LCI.

"J’ai quitté le Japon quand j’ai perdu totalement l’espoir d’avoir un minimum d’assurance que le procès allait être équilibré", s'est d'abord justifié Carlos Ghosn auprès de notre journaliste, François-Xavier Ménage. L'homme d'affaire refuse d'être qualifié de "fugitif". Selon lui, il n'a pas fui "la justice", mais a fui pour "rechercher la justice". "Quand on vous dit qu'au Japon le taux de condamnation est de 99,4%, il vous reste 0,6% de chance (de vous en sortir)", a-t-il ajouté. "Et (...) moi je suis certain que les étrangers c’est pas 99,4%, c’est bien plus élevé." 

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Carlos Ghosn a ensuite expliqué dans quel état d'esprit il était au moment de quitter le Japon. "Je n’avais plus rien à perdre. (...) On m’interdit de voir mon épouse, de parler à certains de mes enfants, on contrôle mes téléphones, je n’ai pas le droit d’aller sur internet, je suis suivi tout le temps par des gens qui sont payés par Nissan... Au bout d’un certain moment, vous vous dites que vous êtes le dindon de la farce. (...) J’aurais échoué ça aurait été désastreux, mais s’il y avait une petit chance que je réussisse, je l’ai jouée et je suis très content d’avoir fait ce choix."

Prêt à faire face à une justice "indépendante"

Désormais, Carlos Ghosn assure qu'il est prêt à être jugé dans n'importe quel pays qui a une justice "indépendante", à l'instar du Liban et de la France. D'ailleurs en France, il fait l'objet de plusieurs enquêtes, notamment une enquête préliminaire ouverte en mars 2019 par le parquet de Nanterre pour deux soirées organisées au château de Versailles, parmi lesquelles le mariage du couple Ghosn en octobre 2016. Ce dernier n'avait pas eu à débourser un centime pour la location des lieux, évaluée à 50.000 euros. Il en avait bénéficié en raison d'une convention signée entre Renault et le Château de Versailles. 

Carlos Ghosn s'est justifié à ce propos auprès de François-Xavier Ménage. "Je regrette d'avoir aidé Versailles. C’est dans le cadre de ce mécénat que Catherine Pégard (présidente du château, ndlr) était venue me voir et m’avait dit 'si un jour vous avez besoin pour une fête privée de disposer d’une salle nous serions très contents de vous l’offrir'. Au bout de quelques mois s’est présentée une occasion. (...) Nous avons commandité quelqu'un pour s’occuper de ça. Cette personne nous a présenté un contrat dans lequel il était marqué 'salle offerte'. Comment peut-on me dire que j’ai profité d’un système alors que je ne savais même pas que quelqu'un derrière était allé réduire le crédit dont disposent les mécènes ?"

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"Je sais qu’il y a eu beaucoup de démarches souterraines de la part du gouvernement"

L'ancien PDG de Renault-Nissan s'est également exprimé sur le silence des autorités françaises à son égard. "Je sais qu’il y a eu beaucoup de démarches souterraines de la part du gouvernement. Je déplore qu’elles n’aient pas abouties", a-t-il déclaré, faisant plutôt référence aux mois passés au Japon avant sa fuite. 

Ces prochains mois, Carlos Ghosn souhaite redorer son blason, rétablir "sa réputation" et se battre pour annuler la notice rouge d'Interpol qui le vise et l'empêche d'aller et venir comme il le souhaite. 

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