Émeutes après l’imposition d’un couvre-feu : que se passe-t-il aux Pays-Bas ?

Émeutes après l’imposition d’un couvre-feu : que se passe-t-il aux Pays-Bas ?

Pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, les Pays-Bas interdisent depuis samedi toutes sorties après 21 heures. Une décision qui a déclenché des émeutes dans les plus grandes villes du pays : Amsterdam, Eindhoven et Rotterdam.

De sa boutique, il ne reste presque rien. Lundi soir, des casseurs ont forcé les portes du magasin d'Emra Köker. "Ils ont tout pris, tout volé. Ma marchandise était là sur ces étagères, ils ont tous détruit", s'indigne-t-il. Des voyous hilares qui n'hésitent pas à se filmer, prétextant vouloir se venger du couvre-feu proclamé par l'État. "Je suis effondré. Comment ont-ils pu faire ça ? Je ne suis qu'un citoyen, je ne suis pas responsable de la politique sanitaire. Je suis encore sous le choc", déplore le commerçant.

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Le 20h

Dans un quartier populaire de Rotterdam, les traces des violences sont encore visibles. Comme c'est le cas dans une bijouterie saccagée, où la police cherche d'éventuelles empreintes laissées par les casseurs. Symbole fort, dans ce pays peu habitué à ces scènes, le commissariat se barricade. La nuit dernière, ses vitres ont été ciblées par des tirs de mortier. Les habitants, eux, sont partagés entre colère et incompréhension.

Originaire du quartier, un journaliste indépendant, Nourredine Vraggt, nous montre de nouveaux appels à la violence sur les réseaux sociaux. "Ce sont souvent des jeunes, ils se disent : allez, on y va ! On va s'amuser ! Le gouvernement impose des règles pour que les gens soient en bonne santé, mais certains, visiblement, ne comprennent pas. Ça ne devrait pas se passer comme ça, ce n'est pas ça les Pays-Bas. Ce n'est pas nous", s'insurge-t-il.

"Le maire de Rotterdam vient d'annoncer un état d'urgence pour la ville. Il entrera en vigueur à 21 heures ce soir, heure précise du couvre-feu. Il y aura donc un renfort policier un peu partout. Il faut dire que les autorités redoutent de nouvelles scènes de violence", indique notre correspondant sur place, Georges Brenier. Des élus du pays en appellent désormais à l'intervention de l'armée si le calme ne revient pas rapidement à Rotterdam, comme partout dans le pays.

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