En Afghanistan, les femmes et les fillettes dans le viseur des talibans

En Afghanistan, les femmes et les fillettes dans le viseur des talibans

CALVAIRE - Vingt ans après avoir été chassés du pouvoir par la coalition menée par les États-Unis, les talibans sont entrés dans Kaboul. Les habitants, en particulier les femmes et les jeunes filles, craignent de retomber sous leur joug.

La mise en scène de leur conquête se répète jour après jour, sans que rien ni personne ne les arrête. En armes, les talibans paradent dans les rues et les lieux de pouvoir, après une conquête éclair de l'Afghanistan, lancée en mai dernier. Alors que les forces américaines sur place doivent quitter le territoire au 31 août, les soldats du mouvement islamiste  sont entrés dans Kaboul. 

Les talibans sont donc désormais dans la capitale afghane, alors que mille milliards de dollars ont été investis pour bâtir un État et une armée nationale. Leur menace est surtout criante pour les femmes et les enfants. Éric Cheysson, responsable de l'hôpital français de Kaboul, craint le pire. Des collègues "terrorisés", qui ont déjà connu les talibans au pouvoir pour certains, veulent fuir. Parmi eux, des femmes. "On a deux chirurgiennes cardiaques, vous vous rendez compte ce que ce qui va se passer pour elles ?", s’indigne-t-il dans le reportage en en-tête. 

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"On a vu une fille aux fouilles de sécurité se faire tuer par les talibans"

Les premiers témoignages sont glaçants et proviennent de 250.000 personnes qui ont fui les provinces conquises. Ce sont des femmes et des enfants, à 80%, qui ont investi les parcs de Kaboul. "Il y a des rumeurs selon lesquelles les talibans prennent les fillettes avec eux, s’inquiète une réfugiée. Ils tuent les jeunes qui ont des tatouages, et emmènent aussi les adolescents avec eux." Avant d’ajouter : "On a vu une fille aux fouilles de sécurité se faire tuer par les talibans".

Pashtana Zalmai Khan Durrani, la présidente de l’ONG "Learn" qui a scolarisé 7000 filles en trois ans dans le pays, est aussi préoccupée par l’avenir réservé aux fillettes afghanes. Elle qui se cache désormais, affirme qu’elle n’a pas peur pour elle-même, "pas encore". "En revanche, je m’inquiète pour ceux qui vont souffrir, s’alarme-t-elle. Parce que pour ces filles, cela veut dire être empêchées d’étudier, ne plus avoir de droits civiques, ni même humains, comme tout être a le droit d’en avoir."

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Dans le ciel de Kaboul, les évacuations du personnel diplomatique se poursuivent : Joe Biden a annoncé ce samedi que 5000 soldats environ seraient envoyés à Kaboul pour sécuriser ces départs, ainsi que ceux de civils afghans, soit 2000 de plus que prévu. Le président américain a assuré défendre les intérêts américains s'ils étaient mis en danger par les talibans, mais a promis de ne pas "léguer cette guerre" en Afghanistan à son successeur à la tête de la Maison Blanche. 

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