Qui Joe Biden a-t-il choisi pour faire partie de sa future administration ?

Qui Joe Biden a-t-il choisi pour faire partie de sa future administration ?

ÉTATS-UNIS - Le président élu a dévoilé les noms des hauts responsables qui l'accompagneront au cours de son mandat. Des nominations symboliquement chargées pour certaines.

Pas de temps à perdre pour Biden. Le président élu, qui doit être officiellement proclamé vainqueur de l'élection américaine par le collège électoral le 14 décembre prochain, a dévoilé en début de semaine les premiers membres qui composeront son administration. Un futur gouvernement qui se met en place alors que Donald Trump a donné son feu vert au déclenchement du processus de transition entre son administration et celle de son adversaire démocrate, tout en se gardant bien de reconnaître sa défaite. 

Cette concession suffit à l'équipe Biden, qui a commencé à donner sur son site Internet les noms des premiers hauts responsables nommés par l'ancien vice-président de Barack Obama, avant leur présentation lors d'une conférence de presse. Une première salve de nominations de personnalités chevronnées, qui marque une rupture avec l'actuelle administration.

Toute l'info sur

L'Amérique se choisit Joe Biden et Kamala Harris

Antony Blinken secrétaire d'État ou la fin de l'isolationnisme

Poste clé au sein de l'administration, le secrétariat d'État est l'équivalent du ministère des Affaires étrangères aux États-Unis. Un poste actuellement occupé par Mike Pompeo et qui reviendra à Antony Blinken en janvier prochain. Ce diplomate était l'ancien numéro deux du département d'État lorsque Hillary Clinton occupait le poste sous la présidence de Barack Obama. 

Francophone et francophile, Antony Blinken est un fervent défenseur du multilatéralisme qui devra, si sa nomination est confirmée par le Sénat, notamment s'occuper du dossier du nucléaire iranien. Un sujet hautement délicat depuis le retrait des États-Unis de l'accord de Vienne en 2018.

Pete Buttigeg aux Transports

Neuvième membre annoncé de l'administration, Pete Buttigieg, 38 ans, se voit récompenser de sa loyauté envers Joe Biden. Après un début de primaires convaincantes au début de l'année, il avait décidé de se rallier à un Joe Biden en grandes difficultés, juste avant le Super Tuesday. À l'instar d'une grande partie des autres candidats centristes. "Mayor Pete", ainsi qu'il était désigné pendant la primaire, devient ainsi le premier membre d'une administration ouvertement homosexuel. En charge des transports, il aura à conduire un ministère central dans les ambitions de transformation climatique que souhaite engager le futur président. Figure montante du parti, c'est aussi son parcours de maire d'une ville moyenne dans le Midwest qui l'a positionné en favori pour ce poste. Pendant les primaires, il s'était souvent montré très critique à l'égard de l'administration Trump, la jugeant "incapable d'engager ses promesses en matière d'infrastructures".

John Kerry de retour au climat

Mais il ne sera pas le seul ancien membre de l'administration Obama à faire son grand retour. John Kerry, l'ex-secrétaire d'État de 2013 à 2017 sera lui aussi de la partie pour un poste bien particulier puisqu'il sera envoyé spécial du président sur le climat. 

Une nomination loin d'être anecdotique puisque Joe Biden a d'ores et déjà annoncé le retour des États-Unis dans l'accord de Paris sur le climat dès le premier jour de sa présidence. Accord conclu en 2015 et signé par John Kerry lui-même. 

Linda Thomas-Greenfield à l'ONU

Au poste d'ambassadrice des États-Unis à l'ONU, Joe Biden a nommé Linda Thomas-Greenfield pour succéder à Nikki Haley. Cette diplomate afro-américaine a notamment été ambassadrice au Liberia et directrice générale du bureau des affaires étrangères au cours des deux mandats de Barack Obama. Elle est congédiée par l'administration Trump peu après l'arrivée du président républicain au pouvoir.

Deb Haaland aux Ressources naturelles

C'est peu de dire que l'information a eu de l'écho. En nommant Deb Haaland, représentante du Nouveau-Mexique, à la tête d'un vaste ministère supervisant les ressources naturelles, Joe Biden a fait dans le symbole. La sexagénaire, présidente du Parti démocrate dans l'État du Sud du Land of Enchantment, est une Amérindienne, la première à intégrer une administration américaine. Un signal fort dans un pays où les autochtones ont longtemps été cantonnés dans des réserves et subissent encore un déterminisme social défavorable. Un symbole, mais pas seulement. 

En effet, les politiques de gestion des ressources naturelles ont souvent fait la démonstration de leurs conséquences néfastes pour la communauté amérindienne. Une évidence pour cette membre de la tribu Laguna Pueblo, qui soutenait, jusqu'à sa désignation : "Je pense qu'il est temps que notre monde - pas seulement notre pays mais le monde entier - commence à écouter les peuples autochtones quand il s'agit de changement climatique et d'environnement". Élue au Congrès en 2018, elle a réagi à l'annonce en critiquant la future ex-administration Trump : "C'est un honneur de faire avancer le programme Biden-Harris pour le climat et d'aider à réparer la relation du gouvernement avec les tribus (amérindiennes), que l'administration Trump a ruinée".

Eric Lander, un ministre à la tête de l'équipe scientifique

Rupture supplémentaire avec l'ère Trump, Joe Biden a décidé de donner une place exécutive aux conseillers scientifiques, qui n'avaient donc pas de pouvoir décisionnel. Si Anthony Fauci n'est pas prolongé, c'est le généticien, biologiste et mathématicien Éric Lander,  63 ans qui prendra ce rôle. Il est notamment connu pour avoir contribué à cartographier le génome humain.  Il dirige actuellement le Broad Institute, un centre non lucratif de recherche biomédical réputé. Il sera donc promu au rang ministériel.

Michael Regan à l'EPA

À la tête de l'Agence de protection de l'environnement (EPA en version originale), Joe Biden et Kamala Harris ont misé sur un vieux routard des politiques environnementales. Michael Regan, régulateur des questions liées à la pollution de l'air sous les administrations Clinton et George W. Bush, revient sur le devant de la scène nationale après avoir dirigé le département de l'Environnement en Caroline du Nord. 

Jennifer Granholm à l'Énergie

Ex-gouverneure du Michigan, Jennifer Granholm succède indirectement à ce secrétariat d'État à un climato-sceptique notoire, l'ancien gouverneur Rick Perry, fervent défenseur des hydrocarbures. Connaisseuse du secteur automobile, partisane des énergies propres, elle a pour elle de s'être frottée aux grands groupes automobiles de Detroit, et d'avoir travaillé, entre 2008, au grand plan de sauvetage de l'automobile, sous Barack Obama. Parmi ses missions, développer les alternatives aux énergies fossiles, Joe Biden ayant promis de cesser d'accorder de nouvelles concessions d'exploitation de gaz de schiste, et d'œuvrer pour mettre fin aux passoires énergétiques.

Xavier Becerra à la Santé

Ce juriste de 62 ans, fort de plus de deux décennies à la Chambre de représentants, sort d'un mandat de procureur général de l'État de Californie qu'il a passé, pour les dernières années, à contester les décisions de l'administration Trump. Qualifiée de "surprise" par la presse américaine, celui qu'on destinait plutôt au département de la Justice reste un homme aguerri sur les sujets sanitaires. Fervent défenseur de l'Obamacare, il avait manœuvré sans relâche pour contrer les assauts des républicains à l'endroit de cette réforme globale de l'assurance-santé. Réagissant à sa nomination au secrétariat à la Santé, il a annoncé qu'il "s'assurerait que chaque Américain aura accès à une offre de soin de qualité et bon marché, pendant ce temps de pandémie et au-delà".

Lloyd Austin à la Défense

Ancien des guerres en Irak et en Afghanistan, Lloyd Austin, 67 ans, est le choix de Joe Biden pour diriger le Pentagone, le puissant et stratégique ministère américaine de la Défense. Ce général afro-américain, qui a fait la rencontre de Joe Biden sous la présidence Obama, avait notamment supervisé le retrait de 50.000 soldats américains d'Irak en 2011. Retraité, il avait converti ses 40 ans d'expérience dans le privé, siégeant au conseil d'administration de Raytheon Technologies, la 3e plus grosse entreprise d'armement au monde. Une ligne de CV qui ne lui offrira pas la sympathie des élus progressistes. Ce n'est pas le seul obstacle auquel devrait faire face Lloyd Austin, dont la retraite remonte à moins de sept ans, contrairement au réglement prévu par le Congrès.

Alejandro Mayorkas à la Sécurité intérieure

À la tête du ministère de la Sécurité intérieure, Joe Biden a choisi de nommer Alejandro Mayorkas. Né à la Havane, ce fils de réfugiés cubains est en terrain connu dans ce service où il fut ministre adjoint de 2013 à 2016. 

"Quand j'étais très jeune, les États-Unis ont offert un refuge à ma famille", a écrit cet ancien procureur fédéral sur Twitter en réaction à sa nomination. "Maintenant j'ai été nommé (...) pour superviser la protection de tous les Américains et de ceux qui fuient la persécution et sont à la recherche d'une meilleure vie pour eux et les personnes qui leur sont chères"

Avril Haines au renseignement national

C'est une ancienne directrice adjointe de la CIA que Joe Biden a choisi pour diriger le renseignement national. Avril Haines, ancienne conseillère adjointe à la sécurité nationale de 2015 à 2017, devra coordonner les différentes agences fédérales actives dans ce domaine, jusqu'ici uniquement occupé par des hommes. 

Joe Biden s'entourera de Jake Sullivan à la sécurité nationale. Cet ancien conseiller d'Hillary Clinton lors de la primaire démocrate de 2008 avait rejoint l'équipe de la secrétaire d'État notamment en tant que chef de cabinet adjoint. Il avait par la suite rejoint l'équipe de Joe Biden, alors vice-président, puis de nouveau Hillary Clinton, candidate malheureuse en 2016.

Janet Yellen, une ancienne de la Fed à la Trésorerie

Le président américain élu Joe Biden a confirmé lundi 30 novembre la nomination à la tête du Trésor de Janet Yellen, ex-présidente de la Banque centrale, et annoncé les membres-clés de sa future équipe économique, dont la priorité sera d'apporter "un soutien économique immédiat" au pays affecté par la pandémie de Covid-19.

"Alors que nous commencerons à travailler pour mettre le virus sous contrôle, voici l'équipe qui apportera un soutien économique immédiat aux Américains pendant cette crise économique et nous aidera à reconstruire notre économie encore plus forte que jamais", a écrit Joe Biden dans un communiqué.

Janet Yellen, dont la nomination doit encore être confirmée par le Sénat, devrait devenir la première femme à diriger le Trésor après avoir été la première femme à avoir dirigé la Réserve fédérale (Fed).

Lire aussi

Merrick Garland, ancien candidat à la Cour Suprême, au ministère de la Justice

Il avait été proposé en 2016 par Barack Obama pour intégrer la prestigieuse et puissante Cour Suprême des États-Unis, mais le Sénat républicain s'était opposé à sa nomination. Merrick Garland a été choisi par Joe Biden pour succéder à William Barr au poste de ministre de la Justice. Un poste clé où de nombreuses réformes sont attendues après les épisodes de violences et de racisme survenus lors du mandat Trump, dont la mort de George Floyd, un Afro-Américain mort asphyxié par un policier blanc.

William Burns, un ancien diplomate à la tête de la CIA

"Un diplomate exemplaire". C'est en ces termes élogieux que Joe Biden a choisi d'annoncer la nomination de William Burns à la tête de l'agence américaine CIA, en charge des services de renseignement et d'espionnage extérieurs. William Burns a notamment officié en tant qu'ambassadeur des États-Unis en Russie de 2005 à 2008. Un diplomate à la tête de la CIA fera figure de première aux États-Unis si sa nomination est confirmée par le Sénat.

Le président élu entend ne pas perdre de temps dans la constitution de son administration qu'il souhaite opérationnelle dès le début de son mandat pour s'attaquer au coronavirus et "guérir le pays".

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

EN DIRECT - Covid-19 : le variant britannique dominant en France "entre fin février et mi-mars", selon l'Inserm

CARTE - Covid-19 : quelle est la situation épidémique dans votre département ?

Fin du "Muslim ban", retour dans l'accord de Paris... ce que Joe Biden fera dès son investiture

Plus de 75 ans, personnes fragiles... Qui peut se faire vacciner dès lundi ?

Variants du coronavirus : faut-il désormais porter des masques FFP2 ?

Lire et commenter