VIDÉO - Qui est Jake Angeli, l'homme aux "cornes de bison", arrêté après l'invasion du Capitole

VIDÉO - Qui est Jake Angeli, l'homme aux "cornes de bison", arrêté après l'invasion du Capitole

PORTRAIT - Présent sur de nombreux clichés pris lors de l'invasion du Congrès, mercredi 6 janvier, l'image de Jake Angeli a fait le tour des réseaux sociaux, suscitant de nombreuses réactions amusées. Ce militant, dont le déguisement n'a pas été choisi au hasard, est un fervent partisan de théories conspirationnistes de QAnon.

Bonnet à fourrure et à cornes, tatouages sur un torse nu, figure peinte du drapeau américain... Il est le visage de la prise d'assaut du Capitole par des partisans pro-Trump, survenue à Washington mercredi 6 janvier, retardant la certification de la victoire du démocrate Joe Biden à l'élection présidentielle. Il a été arrêté samedi 9 janvier pour plusieurs chefs d'accusation liés aux émeutes, selon le ministère américain de la Justice. Visible sur de très nombreux clichés pris dans l'enceinte du Congrès américain, "l'homme-bison" a amusé des milliers d'internautes, qui ont comparé son look à celui de Jay Kay, le chanteur du groupe Jamiroquai. Or, derrière cet accoutrement, se cache un pedigree des plus sombres qui ne prête pas à sourire.

Originaire d'Arizona, Jake Angeli est un comédien et doubleur à temps partiel de 32 ans. Il est surtout connu pour être l'un des plus fervents partisans du mouvement QAnon. Cette mouvance complotiste d'extrême droite, née en 2017 aux États-Unis sur un forum anonyme 4Chan, repose sur des messages publiés par un certain "Q", qui se présente comme un haut-fonctionnaire qui aurait accès à des informations confidentielles. Elle défend l'idée selon laquelle Donald Trump serait la proie d'un complot, mêlant les milieux financiers, les médias et le "Deep State" ("l'État profond", en français), des élites implantées au pouvoir, sur fond de crimes pédophiles et sataniques. Depuis trois ans, QAnon a gagné en influence outre-Atlantique, jusqu'à faire son entrée au Congrès. Le 3 novembre dernier, Marjorie Taylor Greene, une adepte républicaine du mouvement, a remporté un siège à la Chambre des représentants.

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Le Capitole envahi par des partisans de Donald Trump

Répondant au pseudo de "Q Shaman" ("le Chaman Q", une référence à QAnon, ndlr), Jake Angeli adhère totalement à cette mouvance basée sur la diffusion de théories complotistes et la défiance des médias traditionnels. En novembre dernier, il a posté un cliché sur lequel on le voit serrer la main de Rudy Giuliani, l'avocat de Donald Trump. Ces derniers mois, il a aussi régulièrement participé à des rassemblements politiques en faveur de Donald Trump. Il a été régulièrement aperçu avec une pancarte "Q sent me" ("Q m'a envoyé"). Mercredi, il a envahi, avec des dizaines d'autres manifestants pro-Trump, le Capitole pour dénoncer "une fraude électorale massive". Un argument martelé depuis plusieurs semaines par le président sortant pour rejeter les résultats de l'élection présidentielle, qui a vu Joe Biden l'emporter.

Adepte du mouvement complotiste QAnon

"Nous avons fait ce que la Constitution voulait qu'on fasse, je pense qu'on a réussi à se rassembler de manière passible", a confié Jake Angeli dans une interview lunaire qu'il a donnée à LCI après l'intrusion dans le Congrès. "Aujourd'hui, on a envoyé un message à chaque communiste qui pense qu'il peut voler l'élection américaine, détruire le mode de vie américain. C'est un message qui dit que l'Amérique n'est pas pour eux. Ces gens n'ont pas été élus, on a eu des machines électorales qui ont permis de détourner les élections. Ce que j'aimerais que Trump fasse, c'est qu'il arrête ces traîtres via la loi martiale."

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Invasion du Capitole : Jake Angeli, le "QAnon Shaman", s'exprime au micro de LCI

Au-delà de la corruption gouvernementale, "Q Shaman" est persuadé que les élites au pouvoir conspirent pour garder les découvertes scientifiques à succès, éloignées du public, afin de maintenir le système actuel en l'état. Au fil de ses recherches dans les tréfonds du web, il s'est nourri de la théorie selon laquelle les Illuminati, la Commission trilatérale et le groupe Bilderberg contrôlent le monde. "À un certain moment, j'ai eu le déclic. Je vois maintenant la réalité de ce qui se passe", a-t-il raconté à AZ Central. Le mouvement QAnon, a-t-il notamment précisé, a validé les croyances qu'il avait depuis 2016. 

Un déguisement aux relents racistes et néonazis

Sur les réseaux sociaux, des partisans pro-Trump essaient de présenter Jake Angeli comme un "antifa", déguisé en sympathisant du milliardaire républicain pour le discréditer. Ils avancent, pour preuve, une photo de "l'homme-bison", supposément prise lors d'un rassemblement en soutien au mouvement "Black Lives Matter" l'été dernier en Arizona. Or, ils omettent (volontairement) de dire qu'il participait en réalité à une contre-manifestation. Par ailleurs, le cliché a été clairement manipulé. Il a été retaillé pour que l'écriteau "Q sent me" ("Q m'a envoyé") n'apparaisse pas dans le champ de l'image.

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D'autres détails viennent étayer son appartenance à une sphère obscure. Si des photos de Jake Angeli en civil ont circulé pendant l'invasion du Capitole, c'est bien son accoutrement qui a attiré tous les regards. Habillé tel un viking, "pour attirer l'attention", lui qui se voit comme "un chaman qui peut voir les pédophiles, violeurs et meurtriers" qui se cachent dans la nature, cet adepte de QAnon ne l'a pas choisi par hasard. Il fait référence au dieu Odin (ou Wotan en vieil haut-allemand), dieu de la mythologie nordique et, plus généralement, germanique. Appelée wotanisme, cette mouvance identitaire politique et religieuse néo-paganiste, raciste, antisémite et néonazie a notamment pour symbole majeur le Valknut, composé de triangles entrelacés. Une marque que Jake Angeli arbore fièrement sur son torse. Un signe qui ne trompe pas. 

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