"C'est une catastrophe" : dans Beyrouth, des quartiers entiers traumatisés par les explosions

"C'est une catastrophe" : dans Beyrouth, des quartiers entiers traumatisés par les explosions
International

TÉMOIGNAGES - La ville de Beyrouth a été très violemment frappée par deux explosions survenues mardi en fin d'après-midi dans la zone portuaire. La ville est en partie dévastée. Les habitants traumatisés.

Des vitres soufflées à plusieurs kilomètres de l'impact. Des habitants hagards. Partout le son des sirènes hurlantes des secours. Et puis l'atmosphère étouffante, chargée de poussière. Beyrouth est traumatisée après les explosions ultra-violentes survenues ce mardi en fin d'après-midi dans la zone portuaire de la capitale libanaise. "Il y avait de la poussière partout. Des gens partout qui pleuraient", expliquent Nady et Faouzi, témoins de l'explosion au micro de TF1. "Il y avait beaucoup de monde, beaucoup de sang. Des personnes défigurées." 

A plus de deux kilomètres du port, les voitures, les vitres des immeubles sont soufflées. Les rideaux de fer de certains magasins sont déformés par le souffle. "J'ai senti comme un tremblement de terre et puis après une énorme  déflagration et les vitres se sont cassées. J'ai senti que c'était plus fort  que l'explosion lors de l'assassinat de Rafic Hariri" en 2005, provoqué par une camionnette bourrée d'explosifs, raconte une habitante du centre de la ville. 

"On aurait dit une bombe atomique"

Image traumatisante parmi toutes : celle du champignon géant qui s'est élevé depuis le port, signe de la seconde déflagration beaucoup plus forte que la première. "Nous avons vu un peu de fumée et ensuite une explosion. Puis le champignon. La force de l'explosion nous a propulsés en arrière dans l'appartement", souligne ainsi un habitant du quartier de Manssouriyeh, qui a assisté à la scène depuis son balcon, à plusieurs kilomètres du port.

Lire aussi

Dans le port, situé au nord-est de la ville, la zone semble avoir été bombardée. Les médias locaux ont diffusé des images de personnes coincées sous des décombres, certaines couvertes de sang. "C'est une catastrophe à l'intérieur. Il y a des cadavres par terre. Des ambulances emmènent les corps." Le gouverneur de la capitale, en larmes devant les médias, a comparé le drame qui s'est déroulé aux explosions d'Hiroshima et Nagasaki. Dans la zone, les carcasses de voitures s'empilent les unes sur les autres, l'ossature des entrepôts est au sol, aplatie en un souffle comme un château de cartes. Dans ce paysage d'apocalypse, un homme en pleurs tentait d'avoir auprès d'un soldat des nouvelles de son fils qui était au port.

Dans cette "ville dévastée", pour reprendre les termes du gouverneur, des civils volontaires font la navette "entre les bâtiments environnants pour sortir des gens blessés ou morts", témoigne Mohammad, la trentaine, dans les pages de L'Orient-Le Jour. Il dit avoir évacué "une soixantaine de personnes dont un vieux qui était coincé au vingtième étage". Mise à part les volontaires, les soldats eux aussi évacuent des habitants, abasourdis. Toujours auprès du média local, un chauffeur de taxi, ensanglanté, est sidéré. "On aurait dit une bombe atomique."

Les hôpitaux "saturés"

Devant le centre médical Clémenceau, des dizaines de blessés parmi lesquels des enfants, parfois couverts de sang, attendent d'être admis. Des images particulièrement difficiles circulant sur les réseaux sociaux montrent des couloirs saturés de personnes ensanglantées et de membres du personnel soignant surchargés, travaillant dans une ambiance confuse.

A l'hôpital Saint George, la situation est chaotique. Dans cet établissement endommagé et est sans électricité, les médecins traitent les patients sur le parking, selon des images diffusées par Al Arabiya. Dès le début de soirée, quelques heures après la double explosion, les établissements de santé de la ville étaient déjà débordés, et disaient avoir du mal à faire face à l'afflux de blessés. Le ministre de la Santé Hamad Hassan a indiqué que les hôpitaux sont "saturés de blessés"

Toute l'info sur

Le Liban meurtri par les explosions à Beyrouth

Les dernières informationsLes images terribles de la double explosion

Les blessés arrivaient à pied, entre les gravats et les ruines. Car sur les routes, des voitures, avec leurs airbags gonflés, mais aussi des bus ont été abandonnés au beau milieu des axes. Selon des témoins, les déflagrations ont été entendues jusqu'à la ville côtière de Larnaca, à Chypre, distante d'un peu plus de 200 km des côtes libanaises.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent