Français tués au Niger : trois questions sur les groupes terroristes du Sahel

Français tués au Niger : trois questions sur les groupes terroristes du Sahel
International

QUESTIONS - Une attaque perpétrée par des hommes armés à moto a coûté la vie à huit personnes, dont deux Nigériens et six Français, dimanche dans un parc à 60 km au sud-est de Niamey, au Niger, situé dans la zone du Sahel. Une zone qui abrite plusieurs organisations terroristes.

Dimanche, huit personnes dont deux Nigériens et six Français ont trouvé la mort lors d'une attaque au Niger, dans un parc à 60 km au sud-est de la capitale Niamey, commise par plusieurs hommes armés à moto. Ce lundi, les forces armées nigériennes traquaient toujours les auteurs de l'attaque, alors que le parquet national antiterroriste français a annoncé avoir ouvert une  enquête pour "assassinats en relation avec une entreprise terroriste" et  "association de malfaiteurs terroriste". Si on ne connait pas encore l’identité des assaillants, les djihadistes sont nombreux dans cette région du Sahel et les auteurs pourraient en faire partie.

Quels sont les groupes terroristes présents dans la zone ?

La région de Niamey, où a eu lieu l’attaque, se trouve au milieu d’une poudrière islamiste entre le Mali et le Burkina Faso. Cette zone, dite des "trois frontières", est un espace où règnent en maîtres trois organisations terroristes, à savoir Boko Haram, Al Qaida au Maghreb Islamique (AQMI) et Daech. 

Après les défaites de Daech au Moyen-Orient, le Sahel est devenu le nouvel épicentre de l’islamisme, comme l'explique le grand reporter et spécialiste de l'Afrique Vincent Hugeux dans la vidéo de TF1 en tête de cet article : "Il y a clairement une volonté de porter le fer ailleurs. Et vraisemblablement avec certains vétérans de l’Irak et de la Syrie, mais des recrutements majoritairement locaux."

Selon lui, il n'est pas exclu que l'opération ait été téléguidée par une de ces organisations, sans la piloter directement : "Il y a une hypothèse qu’on ne peut pas écarter, à savoir que l’une de ces nébuleuses ait sous-traité à une bande criminelle locale l’opération, quitte à la revendiquer ultérieurement."

Quels précédents ?

Ces dix dernières années, de nombreux Français ont été pris en otages ou tués dans cette région. Le 7 janvier 2011, Vincent Delory et Antoine de Léocour sont enlevés à Niamey puis tués au cours de la tentative de libération de l’armée française. Deux ans plus tard, le 2 novembre 2013 à Kidal, au Mali, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, journalistes à Radio France, sont assassinés par des terroristes d’AQMI après avoir été enlevés. Enfin, Sophie Pétronin, enlevée par des hommes armés à Gao en décembre 2016, est toujours retenue en otage au Mali.

Lire aussi

Qui lutte contre ces organisations terroristes ?

Toute l'info sur

Des Français tués dans une attaque au Niger

Depuis 2014, 5.100 militaires français de la force Barkhane sont déployés en Mauritanie, au Mali, au Burkina Faso, au Niger et au Tchad. Selon le général Dominique Trinquand, ancien chef de la mission française auprès de l'ONU et interrogé par TF1, "la concentration des efforts et des moyens qui a été faite a produit des effets" : "Il y a probablement plus de 600 djihadistes qui ont été supprimés." Le 3 juin dernier, une opération de l’armée française a également permis d’éliminer Abdelmalek Droukdel, le chef d’Aqmi. Il s’agissait d’une cible stratégique majeure dans la lutte contre le terrorisme au Sahel.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent