VIDÉO - Hong Kong : après le report d'un texte controversé, des manifestations monstres virent à l’affrontement

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CONTESTATION - Malgré l’annonce ce mercredi du report d'un projet de loi très controversé, les manifestations à Hong Kong ont continué. Et ont viré à l’affrontement avec les forces de l’ordre.

Face à la plus grande manifestation depuis plus de 20 ans, les autorités reculent. Mais ne plient pas. Ce mercredi 12 juin, le parlement de Hong Kong annonce qu’il reporte l’examen d’un texte de loi très controversé tandis que le gouvernement assure de son côté qu’il ne sera pas retiré. Des centaines de milliers d’habitants sont donc descendus de nouveau dans les rues. Alors qu’une partie d’entre eux a tenté de rentrer dans le Parlement, l’après-midi s’est clôturé en affrontement inédit dans la mégapole. 

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"Hong Kong n'est pas la Chine"

Au cœur de la colère, un projet de loi qui vise à autoriser Hong Kong à extrader des personnes vers la Chine. Selon l’exécutif, cela permettrait de combler un vide juridique qui rend possible pour des criminels de se réfugier dans leur ville. Mais les habitants de la mégalopole voient surtout derrière cette justification la volonté de la République populaire voisine d’asseoir sa souveraineté. C’est pourquoi, outre les slogans "non à l’extradition", les manifestants scandaient également : "Hong Kong n'est pas la Chine !". Il faut dire que depuis le départ du Royaume-Uni de cette ancienne colonie en 1997, ce territoire est devenu une "région administrative spéciale" de la Chine, signifiant que le gouvernement de Xi Jinping est souverain sur plusieurs questions, notamment celles de défense. Si ce texte est adopté, les Hongkongais craignent qu’il brouille encore plus la frontière entre leur ville et Pékin. Sans parler du fait que les manifestants s’inquiètent de l’éventuelle utilisation politique de telles extraditions.

Pour faire entendre leur grogne, un million de personnes, selon les organisateurs, ont battu le pavé dès dimanche dans les artères du centre-ville. Sur les images, une marée humaine bloque plusieurs routes principales, notamment à l'aide de barricades ralentissant le rythme du cœur de ce territoire semi-autonome de quelques 7 millions d’âmes. Une contestation qui perdure. Ce mercredi, la circulation était encore une fois paralysée. Signe d'une certaine instabilité, la Bourse de ce haut lieu de la finance internationale reculait de plus de 1,5%. 

Des affrontements historiques

Reste que la contestation n'est entendue qu'à moitié par les autorités. Et pour cause : si l'examen du texte, qui devait passer en deuxième lecture au Conseil législatif - l’équivalent du Parlement - a été reporté à une "date ultérieure", Carrie Lam a rejeté toute éventualité de retirer le projet de loi. La cheffe du gouvernement local pro-Pékin a également mis en garde l'opposition contre toute "action radicale". Un appel à cesser les manifestations qui n'a pas été entendu. 

Pour la première fois, la colère des habitants s’est traduite par des affrontements avec les forces de l’ordre. Quelques heures plus tard, des manifestants ont tenté de pénétrer dans le Parlement, où devait se tenir les discussions sur le projet de loi. Les forces de l’ordre ont répondu à coup de matraques avant d’utiliser des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogène pour repousser la foule. Les protestataires ont, eux, répliqué à coup de projectiles, barres métalliques ou pavés arrachés aux trottoirs. Des violences politiques dont Hong Kong n'avait plus été le théâtre depuis des années. Symbole de ce tournant historique, les parapluies, amenés par certains en écho au mouvement pro-démocratique qui avait mis Hong Kong à l’arrêt pendant deux mois en 2014, se sont transformés en bouclier contre les forces de l’ordre.

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