"Il a été le premier à venir nous parler": au Texas, les orphelins de Trump pleurent leur idole

"Il a été le premier à venir nous parler": au Texas, les orphelins de Trump pleurent leur idole

PRO-TRUMP - L'ancien président américain fait son retour, dimanche 28 février, à la grand-messe annuelle des conservateurs américains. Depuis son départ, ses fidèles ne l'oublient pas et s'inquiètent des décisions de l'administration Biden. Reportage dans le Nord du Texas.

Dans le comté de Miami, au Texas, les couleurs de Trump sont toujours présentes. Les pancartes destinées à encourager l'ex-président américain sont toujours plantées devant quelques maisons. Comme un refus d'admettre cette défaite douloureuse. À l'intérieur de cette ville qui compte 597 âmes, 96% de la population a voté pour le magnat de l'immobilier. Un record national. Ce dimanche, ils devraient être nombreux à écouter le discours de leur idole en conclusion du CPAC, grand-messe conservatrice qui s'est tenue ce week-end à Orlando. Si le milliardaire a laissé entendre qu'il aimerait rester dans le paysage politique américain, de nombreux éleveurs pleurent son départ de la Maison-Blanche. 

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La présidence Donald Trump

Cette Amérique de l'intérieur est surnommée "fly over country", le pays qu'on survole sans s'y arrêter. Loin des routes de Washington, la population regarde la politique américaine de loin. Trop préoccupée par les problèmes du quotidien. "Cette vache a perdu son petit à cause du mauvais temps", déplore Mitchell. Cet éleveur - dont les ancêtres sont venus d'Écosse - craint de ne pas pouvoir garder sa ferme familiale à cause des frais de succession. Le nouveau président Joe Biden pourrait les augmenter. 

Dans cette commune reculée du Texas, Donald Trump a conquis le monde rural qui se sent à la périphérie des États-Unis. Comment le milliardaire a-t-il réussi à s'attirer leur sympathie ? Alors que cette frange de la population était délaissée politiquement, Donald Trump a su offrir "une famille" à cet électorat orphelin. "Donald Trump a été le premier depuis longtemps à nous parler. Il nous a dit qu'il se souvenait de nous. Que nous existions", souligne Mitchell. Selon l'éleveur, le système a eu raison du seul homme en qui il croyait. "Maintenant, notre seul objectif est que le gouvernement nous prenne le moins possible", ajoute-t-il.

Quelqu'un qui poursuive son héritage- Sean, éleveur et maire de la ville de Miami (Texas)

Mitchell n'est pas le seul à se sentir orphelin. Dans une autre ferme familiale, le maire du village accueille les caméras de TF1. Il le répète à plusieurs reprises : il ne se sent pas compris ou entendu par les hommes et femmes politiques de la capitale. Sean nous confie une certaine méfiance par rapport aux élections passées. "Tous ces gens à Washington sont payés avec notre argent. Ils ne s'occupent que d'eux-mêmes alors qu'ils devraient travailler pour nous. Ils l'ont oublié", s'agace cette figure importante du comté de Miami. 

"Si Donald Trump était candidat,  je voterais pour lui. Je ne sais pas s'il sera choisi par les républicains... Ça pourrait être quelqu'un d'autre, comme son fils Donald Junior. Je veux quelqu'un qui poursuive son héritage". Le milliardaire de 74 ans annoncera-t-il ce dimanche qu'il se présente à nouveau en 2024 ? Sans doute pas directement, ont indiqué les organisateurs, mais le tribun devrait bien flirter ouvertement avec cette idée.

Selon Sean, Trump reste le seul homme politique digne d'être soutenu. Le maire ne croit plus aux institutions. Idem pour le Parti républicain. Depuis l'assaut meurtrier du Capitole, les franges les moins trumpistes du Grand Old Party affichent leur différence. En février, l'acquittement de Donald Trump avait confirmé la profonde déchirure du Parti républicain puisque sept élus conservateurs avaient jugé l'ex-président coupable "d’incitation à l’insurrection".

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Si le nouveau locataire de la Maison-Blanche a promis de soutenir la population rurale, ces partisans de Donald Trump n'y croient pas. Au fil des années, les éleveurs comme Mitchell ou Sean ont l'impression d'assister à la fin de leur monde qui s'évanouit en silence. Leur crainte principale est de voir les petites fermes avalées par les grands propriétaires. C'est ce qui est arrivé à Bob. Il a pris sa retraite et cède ses terres. "On travaille dur ici. On a toujours du pain sur la planche. Cette vie va me manquer", avoue-t-il. Avant la vente aux enchères, Bob répare son tracteur. Après 40 ans de travail, ses jambes le portent difficilement. Son discours est presque résigné : "Je suis inquiet de la situation politique, mais il faut faire avec. On est obligés de s'adapter."

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