VIDÉO - La Grèce frappée par un violent incendie sur l'île d'Eubée, "une énorme catastrophe écologique"

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FEUX DE FORÊT - Alors que le violent incendie qui frappe l’île grecque d’Eubée semblait en passe d'être maîtrisé mercredi après-midi, les pompiers ont dû faire face à de nouvelles reprises. Depuis mardi, des flammes de 20 à 30 mètres de haut rongeaient la forêt de pins de cette réserve de faune et de flore sauvages. Plusieurs villages ont été évacués.

"Une catastrophe écologique" : voilà comment les autorités ont qualifié le violent incendie qui frappe l’île d’Eubée depuis mardi 13 août. Car si elles n’ont fait aucune victime, les flammes, attisées par le vent, ont toutefois ravagé une forêt de pins classée pour sa faune et sa flore sauvage. "C'est une énorme catastrophe écologique dans une forêt de pins unique", qui était restée "intacte" jusqu'à ce jour, a ainsi déclaré le gouverneur régional sortant Costas Bakoyannis.


Si les vents étaient retombés mercredi après-midi, permettant aux pompiers de circonscrire l'incendie, d’après un responsable de la Protection civile, les soldats du feu ont eu à faire face à plusieurs reprises. Un sinistre qui a provoqué l'évacuation des villages de Kontodespoti, Makrymalli, Stavros et Platana, dans le centre de l'île, et de la ville de Psachna.

Ces feux vont faire, hélas, partie de notre quotidienKyriakos Mitsotakis, Premier ministre grec

Arrivé à Psachna, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a regretté que ces feux allaient "faire - hélas - partie du quotidien", puisque "le changement climatique touche aussi le sud de l'Europe". Le chef du gouvernement, qui avait écourté ses vacances pour suivre la situation, a également demandé la mise en place d’un mécanisme de dédommagement "rapide" pour les agriculteurs et éleveurs qui ont "subi des dommages catastrophiques à leur propriété".


Car pendant plus de trente heures, la deuxième île grecque par sa taille après la Crète, s’est embrasée. La violence de l'incendie, qui a débuté mardi après 3 heures du matin sur le bord d'une route, avait même poussé les autorités à déclarer l'urgence nationale sur ce site. 


Près de 200 pompiers se sont battus contre les flammes ainsi que 75 véhicules terrestres, 5 hélicoptères et 6 avions bombardiers d'eau, selon les services d'incendie. Les pompiers devaient évoluer sur un terrain hostile, le relief et la faible visibilité compliquant les opérations aériennes. 

Sous l'effet des vents violents, les fumées âcres, caractéristiques des forêts de pins, étaient poussées vers les régions limitrophes, la péninsule du Pélion ou encore l'Attique et Athènes, où habitants et touristes pouvaient les ressentir. Appelée à l'aide par la Grèce, l'Union européenne avait donc déclenché le mécanisme rescUE, afin de mobiliser 9 bombardiers d'eau supplémentaires ainsi que 6 hélicoptères. Une aide essentielle saluée par la Protection civile grecque, qui a remercié l’UE ainsi que l’Italie et l’Espagne pour leur réactivité, décrite comme la preuve d’une "solidarité". 


Un compliment que le commissaire européen à l'action humanitaire, Christos Stylianides, a retourné, évoquant une "solidarité européenne tangible". Selon lui, la mobilisation "exemplaire" des forces grecques aura d’ailleurs permis de "limiter les pertes écologiques".

Le pays touché à plusieurs reprises

Ces derniers jours, la Grèce, en alerte maximale à cause des températures caniculaires, de la sécheresse et des vents violents, a été frappée à plusieurs reprises par des feux de forêt. Un incendie était en voie d'être maîtrisé mardi dans une zone forestière de l'île de Thassos, dans le nord-est du pays, tandis qu'un autre a éclaté sur la même île d'Eubée en fin d'après-midi mercredi.


Lundi matin, un incendie qui menaçaient les habitations de la banlieue d'Athènes a été maîtrisé par les secours. Un autre sinistre, qui a ravagé pendant deux jours l'île paradisiaque d'Elafonissos, a été maîtrisé dimanche soir après avoir dévasté plus du quart de cet île. Au total, les secours ont dû affronter plus de 50 incendies samedi dernier. 


Les habitants du pays et les autorités ont en mémoire le terrible incendie de la station balnéaire de Mati il y a un an, le sinistre le plus meurtrier qu'ait connu le pays, qui avait fait 102 victimes.

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