VIDEO - Incendies en Californie et sur la côte ouest des Etats-Unis : et si le pire était à venir ?

VIDEO - Incendies en Californie et sur la côte ouest des Etats-Unis : et si le pire était à venir ?

CATASTROPHE - Des incendies d'une ampleur historique continuent de ravager la côte ouest des Etats-Unis, notamment la Californie, où ils ont causé la mort de six personnes, dont un enfant d'un an. Rien ne semble pouvoir stopper les flammes, aidées par les fortes chaleurs et le manque de moyens.

La ville de San Francisco plongée dans un nuage orange suffocant, six morts, dont un enfant d'un an, et un paysage de désolation : toute la côte ouest américaine, de la Californie à l'Etat de Washington, souffre comme rarement, victime d'incendies à répétition. Las, les habitants ne sont pas au bout de leur peine : la saison des feux débute à peine, et le pire est peut-être à venir.

Pour les autorités, pourtant habituées à devoir faire face aux flammes dans cette région aux chaleurs torrides, la crise climatique aggrave la situation. "Nous vivons dans un nouveau monde, ce n'est plus le Washington d'avant", a lancé mardi le gouverneur de l'Etat de Washington, Jay Inslee. Avant d'affirmer : "Les conditions sont si sèches, si chaudes, si venteuses, parce que le climat a changé". Le gouverneur ne peut que constater les dégâts : dans son Etat, neuf incendies "importants" ont brûlé plus de 133.000 hectares en 24 heures, plus du double de la superficie brûlée pour toute l'année 2019. Plus de 100.000 personnes sont actuellement privées d'électricité.

Un risque d'incendies jusqu'en décembre ?

Matt Shameson, météorologue américain cité dans le Wall Street Journal, pointe lui aussi du doigt les conséquences dévastatrices de ces périodes de fortes chaleurs qui durent des mois. Il considère que le risque de grands incendies "va être bien supérieur à la normale en octobre, novembre et décembre". Le gouverneur démocrate de Californie, Gary Newsom, est du même avis. Lui aussi a dénoncé les conséquences catastrophiques du changement climatique. "Je perds littéralement patience face aux climato-sceptiques", a-t-il dit. "Ce point de vue est en contradiction totale avec la réalité du terrain".

Cette "réalité du terrain", c'est aussi le quotidien des secouristes, proches du point de rupture. Au total, jusqu'à "14 000 pompiers ont lutté contre 25 incendies majeurs", a rapporté le Wall Street Journal le 29 août. Ce jeudi, il y avait encore une vingtaine de feux en cours. Près de 1.000 pompiers combattent toujours par exemple le feu baptisé "Creek Fire", près de Fresno dans le centre de la Californie, sur plus de 65.000 hectares. En manque de bras, la côte ouest a sollicité l'aide des Etats voisins. Gavin Newsom est même allé plus loin et a demandé l'aide du Canada et de l'Australie, qui ont envoyé des renforts, notamment pour suppléer à l'absence de détenus.

C'est en effet l'une des spécificités de la Californie – mais aussi de l'Arizona ou du Wyoming – dans la lutte contre les incendies : les détenus sont mis à contribution. Sur la base du volontariat, ceux n'ayant que cinq ans maximum de prison à effectuer (et aucune peine pour incendie criminel ou violence sexuelle) peuvent participer aux secours. Malgré un salaire de misère (un dollar de l'heure), ils sont devenus indispensables ces dernières années. Problème : l'épidémie de coronavirus n'a pas épargné les prisons. Et fin août, seuls 1.300 détenus figuraient parmi les secouristes, contre près de 4.000 les années précédentes. En cause, les confinements dans les prisons et les libérations anticipées pour faire de la place dans les établissements.

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